C’est une affiche qui a traversé le temps. Une sempiternelle rivalité. Le Real Madrid et le FC Barcelone se retrouveront pour la 236e fois toutes compétitions réunies cet après-midi (13h00). Le bilan est là :  174 matchs, 72 victoires pour le Real,  69 victoires pour le Barça, 33 matches nuls. Les Madrilènes ont inscrit 284 buts contre 277 pour les Barcelonais. Pour l’affiche du jour au stade Santiago Bernabeu, la victoire est impérative pour les locaux qui pourraient voir leurs espoirs de remporter la Liga s’anéantir en cas de défaite. Le tout dans un contexte politique tendu.

D’un côté, il y a les Catalans qui pourraient quasiment écarter leurs rivaux de Madrid de la course à la couronne. De l’autre, il y a le Real qui n’a pas d’autres options que de s’imposer devant son public pour réduire l’écart à 8 points (avec un match en retard à disputer) par rapport à leur ennemi juré qui n’a toujours pas été battu en championnat.
Imbattables ? Les poulains d’Ernesto Valverde remettront leur invincibilité en jeu aujourd’hui dans l’antre de la capitale espagnole. Ils seront en danger contre les protégés de Zinedine Zidane qui cherchent toujours une victoire référence en Liga. D’autant plus qu’ils n’ont battu aucune équipe du «Top 3» (Valence et Athlético) cette saison.
Vulnérables, même à domicile, les «Galacticos» seront certainement galvanisés par leur récent sacre en Coupe du Monde des clubs Fifa 2017 jouée à Abu Dhabi (Emirats arabe unis). Assez pour prendre l’ascendant sur Luis Saurez & cie ? Cela reste à concrétiser sur le terrain.
Appelé à donner son pronostic, Xavi, ancien capitaine du team catalan, a, bien-sûr, donné les faveurs à son ancienne équipe pour ce Clásico. «Le Barça est solide, Valverde a fait d’eux une équipe forte et les recrues sont bien adaptées. Tout est plus ou moins positif. Je les vois l’emporter et écarter le Real de la course en Liga. En plus, le Real ne joue pas si bien que ça, même s’ils ont acquis de la confiance depuis le Mondial des clubs», a prédit l’actuel milieu de terrain d’Al-Sadd (Qatar).
Pour ces retrouvailles, après ceux de la Supercoupe d’Espagne en début de saison, «L’esprit de revanche existe toujours dans ces matches. Il n’était pas bon de voir le Real aussi fort aussi tôt dans la saison», note Xavi.

Messi, au «Bernaléo»
Un duel désormais sempiternel. La rivalité interminable entre deux génies de la balle ronde. Deux talents qui sont en train d’écrire l’âge d’or du football à eux seuls. Déjà qu’à distance la concurrence se fait ressentir. Alors quand ils se retrouvent au même endroit et au même moment, la magie ne peut qu’opérer. L’un est Argentin, l’autre Portugais. S’ils ne parlent pas la même langue et livrent deux styles de jeu complètement différents, ils ont un point en commun. Ce sont deux «record’s breaker».
Plus rien ne leur résiste et rares sont les défenseurs qui parviennent à les stopper. Lionel Messi et Cristiano Ronaldo sont les deux stars incontestables d’une affiche dont ils sont les têtes de gondole.
Les deux sont quintuples Ballon d’Or. Deux despotes du foot universel qui dictent leur loi partout où ils passent. Un chassé-croisé inévitable en termes de statistiques. En ayant joué plus de Clasico, la «Pulga» a l’avantage avec 24 réalisations (16 en Liga, 6 en Supercoupe d’Espagne et 2 en Ligue des Champions en 36 rencontres contre 17 (8 en Liga, 5 en Copa del Rey et 4 en Supercoupe nationale) en 28 apparitions. Le ratio est presque le même avec 0.66 but/match pour le second et 0.61 pour le second.
En faisant trembler les filets du Bernabeu à 14 reprises, on peut dire que «Léo» sera dans son jardin. Il affiche légitimement la prétention de l’emporter loin de ses bases. Pour le numéro 10 des Blaugrana, ça sera l’occasion pour «creuser un écart important» pour le titre en cas de succès.
La star de quintuples champions d’Europe ajoute qu’il «serait important pour nous de pouvoir gagner ce match pour ce qu’il représente, un match spécial face au Real Madrid disputé sur leur terrain. En gagnant, nous pourrions creuser un écart important. Même si ce n’est pas sur le deuxième du classement, ce serait un bon avantage sur eux au-delà du nombre de matches qui restent à jouer en Liga. Et il est clair que ce serait beau de finir l’année sur une victoire.» La couleur est annoncée.

CR7 dans le rétro  de Di Stefano
Dans l’autre camp, celui des vice-champions sortants, il y a un joueur qui chasse les records tel un prédateur insatiable.
En faisant sauter le verrou par 17 occasions, Cristiano Ronaldo n’est qu’à une longueur de l’autre légende du Real, Alfredo Di Stefano (18). Buteur historique de la Casa Blanca (422 pions en 415 rencontres), le Portugais sera attendu pour guider les siens vers le triomphe dans cette bataille importante pour la guerre en Liga. Lui qui a toujours montré la voie à ses coéquipiers.
Après la consécration lors du Mondial des clubs Fifa, son coach, Zinedine Zidane, avait rappelé que son attaquant vedette répondra toujours présent lorsque ses compères auront besoin de lui et son talent. «Il est là, il n’échouera jamais, il est toujours là dans les moments clés», a admiré Zizou.
Touché au mollet lors de la finale de la CDM émiratie, CR7 s’entrainait à l’écart du groupe. Annoncé incertain comme le veut la guerre psychologique, il devrait finalement être de la partie.
Contribuera-t-il à relancer les débats ? Ses statistiques dans le challenge national ne sont pas vraiment brillantes avec 4 réalisations pour 2 offrandes seulement sur les 11 fois où il a été aligné. En face, l’Argentin en est à 14 buts pour 3 passes décisives après 16 journées. C’est le moment où jamais de se réveiller pour le Real s’il ne veut pas mettre le rival sur la voie royale. Et ce, au moment où l’avenir de la Catalogne se joue aussi dans les urnes.
Quel en sera le verdict ? Réponse en fin d’après-midi. 

Zidane, le maître du Clásico
Pour le dernier grand rendez-vous de l’année en Espagne, le Real Madrid et le FC Barcelone s’affrontent à l’occasion du 237e Clásico de l’histoire. Un match particulier où un certain technicien français aime à briller.

À l’occasion du Clásico d’aujourd’hui (13h00), Zinédine Zidane n’est plus qu’à une unité du top 10 des entraîneurs du Real Madrid ayant le plus affronté le grand rival catalan. Le Français dirige, en effet, son sixième Clásico et espère ainsi poursuivre une série qui lui permet d’être le maître de cet affrontement.
En tant que joueur, Zidane avait affronté le Barça à 11 reprises (pour 4 victoires, 4 nuls et 3 défaites, inscrivant 3 buts lors de ces Clásicos). En tant qu’entraîneur, son bilan est beaucoup plus impressionnant. Des cinq qu’il a disputés, Zidane a remporté 3 Clásicos, contre un nul et une défaite. Un bilan qui en fait le meilleur de l’histoire du club Merengue.

Parmi les grands
Avec un bilan de 60% de victoires, le bilan de Zidane est nettement supérieur à celui des neuf autres entraîneurs ayant disputé le plus grand nombre de Clásicos, celui qui s’approche le plus du total du Français restant Paco Brú, entraîneur du club entre 1939 et 1941. À titre de comparaison, Zidane n’est plus qu’à deux victoires de José Mourinho tout en ayant dirigé près de trois fois moins de matches face au Barça. En cas de nouveau succès cet après-midi, le Français rejoindra Di Stéfano et ne sera plus qu’à une marche du podium des entraîneurs comptant le plus grand nombre de victoires lors d’un Clásico