PAR NAZIM B.
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a dénoncé la décision de justice condamnant le chercheur Saïd Djabelkhir à trois ans de prison ferme, appelant à la libération de tous les détenus d’opinion.
«Depuis ce 22 avril, le pouvoir ajoute à son palmarès la condamnation de Saïd Djabelkhir à 3 ans de prison ferme pour une lecture d’un précepte de l’islam contraire à l’orientation obscurantiste», s’est indigné le RCD dans un communiqué sanctionnant la réunion mensuelle de son secrétariat national tenue vendredi.
Exigeant la libération immédiate de tous les détenus d’opinion, le parti de Mohcine Belabbas réitère «avec la plus grande fermeté sa condamnation des pratiques de torture et exige que les auteurs et les commanditaires soient identifiés et condamnés et pour que, plus jamais, aucun Algérien ne soit humilié au sein des institutions de l’Etat».
Evoquant le contexte de commémoration du double anniversaire du 20 avril (1980 et 2001), le RCD considère qu’il s’agit de «deux jalons importants dans la lutte pour la démocratie», rendant par-là «hommage à toutes les victimes de l’arbitraire, en particulier celles qui ont fait le sacrifice suprême».
Pour le RCD, 20 ans plus tard, le déni est toujours assumé : ni les exécutants, ni les commanditaires de l’odieux assassinat des 128 jeunes de 2001 n’ont été jugés, estimant que «les familles des victimes ne pourront faire leur deuil que lorsque justice leur sera rendue dans le cadre d’un véritable Etat de droit».
Sur le plan politique, le parti a reproché au pouvoir de poursuivre «son entreprise pour contrecarrer et dévoyer le processus révolutionnaire dans lequel s’est résolument engagé le peuple depuis plus de deux ans», estimant que la reprise des marches populaires «démontre, encore une fois, le ferme engagement des Algériens à poursuivre leur combat pacifique jusqu’à la réappropriation pleine et entière de leur souveraineté».
Le RCD est catégorique, à ce propos, en soulignant que «ni la répression, ni l’asservissement de l’appareil judiciaire, ni la désinformation, ni les manœuvres de toutes sortes ne sauront ébranler cette détermination». Le parti de Belabbas a ajouté que «depuis la chute de Bouteflika, à chaque passage en force pour imposer sa feuille de route électorale, le pouvoir intensifie la répression et les arrestations arbitraires de manifestants pacifiques, de journalistes dans l’exercice de leur métier et de tous ceux qui osent exprimer une opinion libre. Même les mineurs ne sont pas épargnés».
S’exprimant sur l’échéance électorale à venir, le RCD a indiqué que les législatives programmées pour le 12 juin prochain «connaîtront la même désaffection que le peuple a réservée aux scrutins précédents».
Sur le plan économique, le RCD s’est montré inquiet compte tenu de plusieurs indicateurs. Pour lui, «la dépréciation fulgurante de la monnaie nationale et ses répercussions sur un pouvoir d’achat, déjà bien mal au point, aggrave la précarité de très larges couches de la société». Et de pointer «la flambée de prix sans précédent enregistrée durant les premiers jours du mois de Ramadan et qui touche la quasi-totalité des produits alimentaires devenus inaccessibles, a donné le coup de grâce au moral des Algériens». <