Et patatras! La chute fut vertigineuse. Du piédestal au plus bas du mont Afrique,  les Verts ont retouché terre. Cette décrépitude a été, quelque peu, amortie par les attentes qui se sont amenuisées après la déconvenue contre la Tunisie. Une seconde sortie comptant pour le premier tour de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon) que l’équipe nationale avait manquée pour réduire, à quasi-néant, ses chances de passer en quarts. Un tournoi raté de bout en bout. Et si cet échec s’était dessiné bien avant le début de la messe ?


Tête baissée, le moral dans les chaussettes et le nez dans le gazon, la posture dans laquelle se retrouvent les «Fennecs» est des plus inhabituelles. Nabil Bentaleb et ses compères savent qu’ils ont déçu bien des personnes lors de l’épreuve gabonaise. Ils se rendent même compte qu’ils ont été bien loin de leur niveau et de tirer le maximum de leur potentiel humain considéré comme l’un des meilleurs sur le plan continental. Les excuses, la tristesse, les mea-culpa ont pris la place du désir de gloire au sortir de la dernière rencontre dans la poule «B» contre le Sénégal (2-2). Il n’y avait pas de quoi nourrir les regrets chez les «Guerriers du Sahara» qui ont, à l’unanimité, reconnu n’avoir pas fait ce qui était recommandé pour valider un des deux billets en jeu dans la poule «B». «C’est dur pour nous de quitter le tournoi de cette manière.
Nous avons abordé cette CAN avec de grandes ambitions, nous devons apprendre de nos erreurs pour grandir. Je pense que le tournant était d’avoir raté notre entrée en lice face au Zimbabwe (2-2). Nous ne méritons pas de passer aux quarts de finale au vu de ce qu’on a démontré. Il faut continuer à travailler pour pouvoir progresser», a reconnu Islam Slimani qui n’a pas pu savourer son doublé, lui valant l’honneur de devenir le 4e meilleur buteur de la sélection à égalité avec Djamel Menad (25 réalisations), contre les «Lions de la Téranga», comme il se doit. Même déception chez son compatriote Yacine Brahimi : «On voulait gagner ce dernier match, mais on n’a pas réussi à le faire. Encore une fois, nous encaissons des buts qu’on pouvait éviter. C’est très dur de se faire éliminer au premier tour», concède le milieu de terrain du FC Porto qui indique que, lui et ses camarades, doivent «assumer leurs erreurs, se relever vite d’autant que nous avons des échéances importantes à l’avenir. Une cassure ?, non je ne pense pas. On doit être forts dans les moments difficiles.» Les passes délicates, l’EN en connaît depuis un certain moment.

L’ère Vahid, l’unique fait d’armes

Du départ de Christian Gourcuff en mars 2016, à cette malheureuse séquence gabonaise, en passant par la démission théâtralisée de Milovan Rajevac, le «Club Algérie» présente des symptômes très dangereux et inquiétants depuis près d’un an. Le tout, sans que l’instance qui gère le football algérien ne fasse un véritable diagnostic pour la situation. Un Gourcuff poussé vers la sortie, un Rajevac que les joueurs ne voulaient pas et un Leekens qui n’avait pas l’étoffe pour mener à bien sa mission, les choix d’hommes ont porté préjudice. Trois entraîneurs consommés en l’espace de 10 mois. Les joueurs ne savaient plus à quel saint se vouer ni à quelle méthode d’entraînement s’habituer. A chaque fois une nouvelle manière de travailler. Une méthodologie instable qui y est pour beaucoup dans l’inconstance des résultats ces deniers temps. Un groupe qui se cherche. Qui essaye de retrouver une notoriété perdue. Qu’il a égarée après la Coupe du Monde 2014 au Brésil. Ou, peut-être, que le coach Vahid Halilhodzic a emportée avec lui. S’en est suivi, le travail cassé d’une année et demie de son successeur breton. Un chantier qui s’est arrêté soudainement après une cabale médiatique bien orchestrée. La suite, c’est une partition faite de fausses notes. Un début de «qualifiers» pour le Mondial 2018 manqué et une équipe qui commence à douter sans que les responsables l’aide à refouler le terrain de l’assurance et de la certitude. Normal quand les têtes pensantes perdent de leur perspicacités et se retrouvent à décider de façon univoque. n