Au fil des mois et des années, les constats d’échecs s’amoncèlent. Le dernier en date concerne ce qui a été (ou devait être) fait dans le secteur des énergies renouvelables. Le rapport établi par le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE) est accablant. Durant plusieurs années, trop de promesses et de programmes bureaucratiques avaient été lancés, et promis, et au bout il n’y a eu que très peu de réalisations.
Pourtant, la crise du pétrole devait être un excellent moteur de galvanisation des énergies renouvelables. La baisse des prix de l’Or noir, que l’Algérie subit depuis au moins 2014, n’a finalement engendré que des fanfaronnades de la part des responsables, adeptes de la démagogie et des fuites en avant. Le CEREFE l’explique et ne se contente pas de cela. Il donne des orientations qui devraient être prises en compte par les responsables du secteur. L’appui de Boukhalfa Yaici, Directeur général du cluster Energie solaire, aux conclusions du rapport du Commissariat, démontre à quel point les acteurs principaux du secteur sont dans le désarroi. Reste à savoir que vont faire ceux qui ont les « clés » du pouvoir. Les« ciblés » sont essentiellement deux, en l’occurrence deux départements ministériels, celui de l’Energie et celui de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. Evidement, c’est ce dernier qui est le plus attendu. Pas uniquement à cause de son intitulé, mais surtout en raison du profil même du détenteur du portefeuille. Chems Eddine Chitour se retrouve quasiment obligé de briller. Malgré lui, il suscite beaucoup d’espoir et cela bien avant son installation à la tête du ministère. Figure emblématique de la promotion des énergies renouvelables, Chems Eddine Chitour a l’occasion de concrétiser toutes les recommandations qu’il préconisait. Le rapport du CEREFE devrait même être perçu comme un appui aux travaux d’Hercule qui attendent son département. Certes le ministère de la Transition énergétique n’existe que depuis juin dernier et sa « naissance » est arrivée dans des conditions bien spéciales avec tout ce qu’a engendré la Covid-19, mais le Professeur maitrise amplement son sujet. Chems Eddine Chitour ne démarre pas de rien. Son parcours et ses nombreuses contributions (conférences, livres, publications dans les médias, etc.) sont d’emblée une excellente base de travail. Ceux qui assistaient régulièrement aux éditions annuelles de « La journée de l’énergie » qu’il organisait en tant que directeur du laboratoire de valorisation des énergies fossiles de l’ENP (Ecole Nationale Polytechnique) ont une large idée sur les immenses espoirs suscités par ses projets. Oui, Chems Eddine Chitour a rendez-vous avec son histoire, avec l’histoire.