Par NAZIM BRAHIMI
La fermeture annoncée pour la fin de la semaine du quotidien Liberté, scénario décidé par son propriétaire, Issad Rebrab, patron du groupe Cevital, a fait réagir intellectuels, universitaires, chercheurs et artistes algériens, qui ont appelé à la préservation de ce titre, présent dans le paysage médiatique depuis 1992.
Signée par plusieurs noms du champ intellectuel et universitaire, des notoriétés des milieux de l’art et de la presse nationale, une pétition en appelle «à la responsabilité de tous pour que vive Liberté». Parmi les signataires de l’appel figurent notamment les écrivains Yasmina Khadra, Kamel Daoud, Boualem Sansal, Amin Zaoui, Kaouter Adimi et Lynda Chouiten, le sociologue Rabeh Sebaa, l’acteur comédien Mohamed Fellag, les universitaires Tassadit Yacine, Khaoula Taleb Ibrahimi et Benaouda Lebdai, Abderrahmane Moussaoui… Des éditeurs, à l’image d’Arezki Aït Larbi (Editions Koukou), Selma Hellal et Soufiane Hadjadj (Editions Chihab) et Amar Ingrachen (Editions Frantz-Fanon), sont également signataires de l’appel.
Se déclarant attachés au pluralisme médiatique, les signataires ont indiqué ne pas pouvoir «rester insensibles au risque de la disparition d’un titre qui porte la voix plurielle de l’Algérie», considérant que «c’est parce qu’un journal est un espace d’échange et de transmission des idées, des valeurs et d’expression citoyenne nécessaire à la vitalité démocratique d’un pays, il faut le préserver, le défendre et le faire vivre».
Pour les signataires de l’appel, le journal Liberté, « dont l’histoire se confond avec celle de l’Algérie contemporaine, a pleinement assumé, depuis sa création, cette mission intellectuelle». Estimant qu’au-delà de son collectif et de son propriétaire, le journal Liberté «appartient aussi à ses lecteurs dans leur diversité». Inquiets de voir le quotidien Liberté disparaître du paysage médiatique, après une présence permanente et significative durant trente années. Sa disparition «serait une immense perte pour le pluralisme médiatique, un coup dur pour les acquis démocratiques arrachés de haute lutte et de sacrifices et une grande perte pour le pays».
Conscients de l’apport du journal Liberté à la vie culturelle, sociale et sociétale du pays, les signataires de l’appel tiennent à la préservation du journal Liberté dont le sort de fermeture a été confirmé avant-hier par son propriétaire aux travailleurs de l’entreprise lors d’une réunion tenue dans l’objectif de tirer au clair la situation (ou le devenir) du journal. n