Le Parti des Travailleurs (PT) a déclaré hier «refuser de s’associer» au panel du dialogue et de la médiation que dirige l’ancien chef de l’APN Karim Younès. Pour cette formation, deux motivations principales l’empêchent de prendre langue avec cette instance. Le dialogue que mène cette instance en premier lieu «reprend exactement l’agenda du régime» qu’elle a accusé d’organiser un «simulacre» de concertation et «d’atteintes flagrantes aux libertés». Le parti ne défend pas en second lieu les mêmes objectifs politiques que recherchent M. Younès et les membres du groupe qui l’accompagnent dans sa recherche d’un consensus pour une sortie de crise. Pour le Parti des Travailleurs, lit-on dans le communiqué publié, hier, par le secrétariat permanent de son bureau politique, «le moyen démocratique qui permettra réellement à la majorité du peuple algérien, qui s’est soulevé pour le départ du système et poursuit sans relâche sa mobilisation révolutionnaire, c’est l’Assemblée nationale constituante…»
«Une telle assemblée s’appuyant sur la mobilisation actuelle et sur le potentiel militant disponible dans tout le pays dotera le pays d’une constitution capable de répondre aux préoccupations et aspirations de la majorité du peuple et ouvrira des horizons prometteurs à la nation qui dispose de potentialités avérées dans tous les domaines», affirme le parti qui voit une continuation entre le mouvement populaire du «22 février» et la lutte pour l’indépendance il y a plus d’un demi-siècle. «La
révolution d’indépendance qui a arraché le pays du joug colonial, affirme le secrétariat permanent de son bureau politique, se poursuit à travers la révolution du 22 février qui veut la parachever. Pour cela, le PT met toutes ses forces militantes pour lever tous les obstacles dressés pour l’empêcher de triompher».
En rappelant ses positions, le PT s’élève contre «le régime» qui «vient d’interdire l’université de RAJ ainsi que la convention nationale des forces de l’alternative démocratique» et qui a «mis en place un panel de dialogue pour avaliser une élection présidentielle» et «s’attaque avec virulence à toutes les voix qui n’expriment pas l’allégeance au pouvoir en place». Il indique également, après avoir évoqué le cas de Lakhdar Bouregaâ et celui des «autres détenus d’opinion», que les avocats de Louisa Hanoune, en détention préventive depuis 27 semaines, «ont déposé, en date du 19 août 2019 une nouvelle demande de libération provisoire». «Rien ne justifie l’emprisonnement de sa secrétaire générale et encore moins son maintien en détention provisoire qui vient d’être renouvelée par le tribunal militaire de Blida avant même l’expiration du délai légal de 4 mois», affirme le PT.
Il rappelle aussi que Louisa Hanoune, détenue arbitrairement depuis le 9 mai 2019, présente toutes les garanties exigées par la loi pour rester à la disposition de la justice». Le parti exige la «libération immédiate et inconditionnelle» de sa cheffe car «son emprisonnement constitue une flagrante criminalisation de l’action politique». n