Avec la programmation samedi dernier à la cinémathèque  Djamel Eddine-Tchanderli du film français « Ce que le jour doit à la nuit » (2012) réalisé par Alexandre Arcady, un drame adapté du roman éponyme de Yasmina Khadra (2008), le Psynéclub de Tlemcen relevant de l’association culturelle « La Grande Maison » aura réussi un coup de maître.

A noter que le Psynéclub de Tlemcen a été créé dans le sillage du Cinéclub du mardi qui était animé par le talentueux Khalid Dendane, en 2009, au niveau de la maison de la culture Abdelkader-Alloula, sous l’égide de ladite association présidée par Mme Sabéha Benmansour, universitaire. Ce nouveau cinéclub a pour objectif de constituer une communauté de cinéphiles en donnant un coup de fouet à cette salle, répertoire, gérée par le jeune Djaâfar Sari Bey. Le public était composé de jeunes des deux sexes, en l’occurrence des adhérents de « La Grande Maison » du Mechouar, des étudiants de l’école supérieure de management de Tlemcen, des membres du Club Excellence, entre autres… Synopsis : l’histoire parcourt l’Algérie des années 1930 aux années 1960, racontant le destin de Younes, jeune Algérien élevé comme un pied-noir par son oncle. Younes a 9 ans lorsqu’il est confié à ce dernier, pharmacien à Oran. Rebaptisé Jonas, il grandit parmi les jeunes de Rio Salado (El Malah à Aïn Témouchent, ndlr) dont il devient l’ami. Dans la bande, il y a Emilie, la fille dont tous sont amoureux. Entre Jonas et elle naîtra une grande histoire d’amour, qui sera bientôt troublée par les conflits qui agitent le pays. Younes, alias Jonas traverse les tragédies vécues par son pays, dont la bataille de Mers el-Kébir et la guerre d’Algérie, sur un fond d’histoire d’amour impossible. Une fausse note cependant : la défection de l’animateur d’où l’absence de débat et au bout du compte un public sevré. Aléas du bénévolat quand tu nous tiens ! Il faut noter que la projection du film, qui a été choisi par le jeune artiste Abderrahim Cherif, membre du CCS, a été programmée incidemment au lendemain de la commémoration du 1er Novembre. Pour notre part, nous considérons que le film est un chef-d’œuvre sur le plan esthétique et technique. Bien malin est celui qui y dénichera un anachronisme tant les costumes, les lieux, la musique, les véhicules, le paysage, entre autres, étaient reconstitués avec brio. Sur le fond, la question de l’expropriation est un prétexte puisque placée au second plan. On est bien  loin du propos de Lamine Merbah par rapport au film «Les Ben Hendel ou les Déracinés » basé sur un scénario du chercheur Djilali Sari. Une question s’impose à ce propos, ce film se veut-il un hommage à Yasmina Khadra, dont le roman éponyme a servi de scénario, ou est-il dédié à la communauté pied-noir incarnée par les nostalgiques de l’Algérie française ? (d’autant que la question de l’acquisition de la nationalité algérienne et la réclamation des biens dits vacants est toujours d’actualité, ndlr). Par ailleurs, la scène érotique montrant des ébats amoureux entre Jonas et Madame Caseneuve (ex-épouse du directeur du pénitencier de Cayenne) a un tantinet « déstabilisé » la salle « mixte ». Chose qui prouve que la censure n’a pas droit de cité à l’ex-Colisée. Le générique du film se termine en apothéose avec cette citation de Yasmina Khadra, qui a « prêté » son roman à Alexandre Arcady : « Celui qui passe à côté de la plus belle histoire de sa vie n’aura que l’âge de ses regrets et tous les soupirs du monde ne sauraient bercer son âme… ».