Une réforme de la santé est éminemment nécessaire dans un pays où ce secteur est dans une situation désastreuse, où les enceintes hospitalières sont loin de constituer des lieux de soins selon les normes sanitaires requises.

C’est une réalité amère. L’Algérien est mal pris en charge dans son propre pays sur le plan sanitaire. Malgré des potentialités enviées, le secteur de la santé en Algérie reste à la traîne, et est source d’une grande désillusion. Certains citoyens algériens n’hésitant pas à aller se soigner sous d’autres cieux, par exemple en Tunisie et en Turquie, pour ceux qui en ont les moyens, tant le secteur ne cesse de se dégrader, notamment dans sa partie publique. Le projet de loi sur la santé, en débat actuellement, vient certes à point nommé afin de mettre de l’ordre dans ce secteur malade. Un secteur déficient qui a véritablement besoin de remise en ordre et de mise à jour. Mais l’utilité de ce projet fait, à juste titre, l’objet d’interrogations au moment où le secteur est en ébullition, alors que les acteurs concernés sont au cœur d’une bataille sociale exténuante. Ouvrant la voie à un avenir toujours incertain. Comment les autorités ont pu élaborer un texte d’une telle importance pour l’avenir du secteur sans associer les premiers concernés, c’est-à-dire tous les acteurs de la santé ? Comment la tutelle a pu cogiter, réfléchir à une nouvelle loi alors que les principaux concernés sont dans la rue exprimant des revendications que le gouvernement refuse même d’entendre ? Alors que la raison aurait voulu qu’un véritable débat national sur la santé dans notre pays soit organisé dans une atmosphère de sérénité pour sortir avec les meilleures recommandations possibles qui régiront la santé de demain, l’on se retrouve avec une proposition de loi en décalage avec la réalité actuelle. Les observateurs les plus avisés l’ont maintes fois relevé. Le plus grave, c’est la perte de confiance des Algériens dans leur système de santé. Une confiance difficile à  rétablir. Même avec la meilleure des lois.