Le projet portant révision constitutionnelle sera soumis aujourd’hui à l’APN moins d’une semaine après son approbation en Conseil des ministres tenu dimanche. Il atterrira dès la semaine prochaine au niveau du Conseil de la nation qui l’appréciera à son tour pour ouvrir
la voie au référendum populaire prévu le 1er novembre prochain.

Avant cette séance d’adoption, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad est passé une seconde fois, hier, au niveau de l’Hémicycle Zighout pour écouter les chefs de groupes parlementaires, après avoir présenté, mardi, le contenu de la future nouvelle loi fondamentale devant les membres de la commission juridique de l’Assemblée.
Devant les chefs de groupes parlementaires comme devant les membres de la commission juridique de l’Assemblée, le Premier ministre a défendu l’idée que la révision de la Constitution marque « une rupture » avec les anciennes pratiques et l’exercice du pouvoir qui ont caractérisé le règne de Bouteflika. « La révision de la Constitution permettra de concrétiser les engagements décidés pour l’édification de la nouvelle République à la faveur d’une réforme globale de l’Etat et de ses institutions », a-t-il dit.
Il a ajouté, par la même occasion, que le projet de révision constitutionnelle « instaure un Etat moderne s’employant à servir le citoyen et à rétablir sa confiance. Un Etat où la vie politique est régie par les principes de transparence, de régularité, de reddition de compte et de compétence et qui sépare l’argent de la politique et lutte contre la corruption ». M. Djerad a souligné qu’il s’agira aussi, à travers cette révision constitutionnelle, de s’atteler à « une réforme globale de l’Etat à la faveur du renforcement de la liberté de la presse, la promotion de la démocratie participative et la construction d’une société civile libre et active».
L’option d’un débat limité qui va précéder le vote des députés n’a pas manqué de susciter des interprétations, où des voix évoquent « des parlementaires dépouillés de leur mission de législateurs », alors que la représentation parlementaire peine à se réveiller depuis le coup de massue que lui a porté l’ancien député Baha Eddine Tliba, qui a avoué devant le juge de Sidi M’hamed un commerce mafieux des listes électorales du FLN. D’autres voix croient même déceler à travers cet option de « débat restreint » des députés une introduction à la dissolution d’une Assemblée à qui il a été constamment reproché un déficit de légitimé et son incapacité à peser devant le pouvoir exécutif.
Une lecture que ne valide pas le Rassemblement national démocratique (RND), par la voix de son responsable Mohamed Guidji, lequel estime que « le référendum populaire confère à cette révision toute la légitimité souhaitée ». Pour sa part, le président de l’APN, Slimane Chenine, a évoqué « l’attachement du Président à faire associer le Parlement dans le débat, avant que ce processus ne soit destiné au peuple algérien souverain pour référendum le 1er novembre prochain ».
A ce propos, le président de l’APN a expliqué que cette approche « constitue une des revendications fondamentales du Hirak populaire visant à appliquer les articles 7 et 8 de la Constitution, lesquels mettent en clair la souveraineté de la décision du peuple en droit d’exercer son pouvoir… ».
Le même responsable a ajouté que la teneur du texte « met fin à l’hégémonie du pouvoir exécutif sur tous les segments de l’Etat et de la société, donne d’abord la parole aux institutions élues par le peuple et répond au principe de l’alternance politique, car il est impossible de rester à la tête du pouvoir quelles qu’en soient les responsabilités ».