Le projet de loi de finances 2019 a été adopté, jeudi, par les députés à la majorité. Dans une séance plénière, les députés de la majorité représenté par le FLN, le RND, le TAJ, le MPA et les indépendants ont exprimé un « oui » franc et massif au texte de loi. Tandis que l’opposition, composée par les députés du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), du Parti des Travailleurs (PT), du Mouvement de la société pour la paix (MSP), de l’Union Ennahda-Adala-Bina ont voté contre le projet de loi. De leur côté, les députés du Front El-Moustakbal se sont abstenus alors que ceux du Front des forces socialistes (FFS) l’ont carrément boycotté.

Tout de suite après son adoption, le ministre des Finances a expliqué les fondements de la loi de finances en expliquant d’entrée qu’il est question d’un « texte qui s’inscrit dans la continuité». «C’est une continuité des efforts consentis par l’Etat en vue d’atténuer les effets négatifs de la diminution des ressources financières sur l’économie nationale » a-t-il précisé. Selon lui, « le gouvernement a fourni un effort important envers les catégories sociales fragiles à travers la LF 2019 et ce dans un contexte marqué par des tensions sur l’équilibre financier interne et externe du pays en raison de la baisse des cours du pétrole ». Raouiya n’a pas manqué de faire observer à ce propos que « les dispositions législatives prévues dans le projet de loi ont pour objectif l’amélioration des revenus de l’Etat, la coordination et la simplification des procédures », avant de préciser que la loi de finances pour 2019 s’attellera tout autant à «la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale ».
La promotion de « l’investissement productif et la bonification des taux d’intérêts bancaires au profit des citoyens » sont tout autant mis en avant dans le texte de loi, selon le ministre.

« Aucun rapport entre la hausse des transferts sociaux et la présidentielle »

Le ministre des Finances n’a pas manqué de revenir sur les différents aspects soulevés par les députés lors des débats. C’est ainsi qu’il a exclu tout rapport entre la hausse des transferts sociaux et la prochaine présidentielle. Selon le ministre, il est tout simplement question « d’une continuité de la politique sociale du gouvernement qui a décidé de n’opérer aucune augmentation des prélèvements ni l’instauration de nouvelles taxes ».
«Je vous redis que 10% du budget de l’Etat sont consacrés aux transferts sociaux, soit
1 700 milliards de dinars », note Raouya. En rappelant qu’en 2018, « l’Etat avait consacré la même enveloppe financière, et ce, en dépit des difficultés financières liées à la chute des prix du pétrole ».
Sur la question des subventions, le ministre a précisé que le gouvernement a décidé d’opérer « un ciblage » en la matière. En ce sens que « la démarche actuelle du gouvernement en matière de subvention n’est pas efficace car il y a une catégorie qui en bénéficie sans en avoir besoin alors que le gouvernement veut cibler les véritables nécessiteux», a-t-il spécifié.

Dans ce cadre, Raouiya n’a pas manqué de plaider en faveur

« de la prudence » compte tenu de la fragilité financière du pays. A ce propos, le ministre a évoqué un certain nombre de chiffres qui prouvent, si besoin est, l’importance de l’insuffisance financière auquel fait face l’Etat : « 2 185 milliards de dinars, en 2017, ont été injectés dans les caisses de l’Etat et 1 555 milliards de dinars, en 2018, grâce à la planche à billets. Mais ceci n’a pas pu résorber le déficit atteint en 2019, les 10,4% du PIB ». Dans le même ordre d’idées, Raouiya, tout en réitérant son appel « à la prudence », fera remarquer que « le déficit de la balance commerciale ralentira lors des deux prochaines années pour passer de 10,4 milliards de dollars en 2019 à 8,2 milliards de dollars en 2020 puis 6,4 milliards de dollars en 2021 ». De même que la balance des paiements connaîtra la même baisse avec « pour la période 2019-2021, elle devrait passer de 17,2 milliards de dollars en 2019 à 14,2 milliards de dollars en 2020 pour atteindre les 14 milliards en 2021». Pour rappel, le projet de loi de finances prévoit des recettes budgétaires de 6 507,9 milliards de dinars dont 2 714,5 milliards qui proviendront de la fiscalité pétrolière qui devrait atteindre les 3 201,4 milliards de dinars en 2019.
Le prix référentiel du baril de pétrole algérien « Sahara Blend » retenu par le PLF 2019 est de 50 dollars. La croissance totale sera de 2,9% en 2019 selon les prévisions de la loi de finances qui prédit une croissance hors-hydrocarbures de 3,2%.