Insoluble équation que celle à laquelle fait face ces derniers temps la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal). En effet, elle doit assurer une demande en alimentation en eau potable (AEP) de la capitale à hauteur de 900 000 mètres cubes au quotidien alors que l’offre réelle n’est que de 300 000 m3, soit un grave déficit de 600 000 m3. Un écart aussi énorme augure des jours difficiles pour les populations du Grand-Alger habituées à un régime de distribution plus clément.

Par Bouzid Chalabi
Il faut dire que devant une telle situation des mesures d’urgence se sont imposées aux autorités compétentes en la matière. Ces dernières n’ont pas tardé à faire connaître les actions prioritaires à mener sur le terrain. Ainsi, elles ont décidé en premier lieu de mettre en place un nouveau plan de rationnement avec pour but visé de réduire drastiquement la consommation d’eau potable. Mais Toujours est-il qu’à l’heure où nous mettions sous presse les échos qui nous sont parvenus relatent que dans les communes de la capitale relevant de la zone 1, où la distribution est prévue selon le nouveau plan entre 8 et 14H, des dysfonctionnements ont été relevés. Autrement dit, les robinets sont restés à sec par endroit pendant la tranche horaire sus-indiquée.
A propos de cette carence, le Directeur des ressources en eau de la wilaya d’Alger, Kamel Boukricha, a argué aux médias qui l’interpellaient sur le sujet : «C’est un nouveau plan que nous avons mis en place et dont le bon fonctionnement exige du temps et si besoins est des corrections. C’est pourquoi je demande à la population d’être patiente et que je peux la rassurer que les horaires de distribution tels que fixés dans les trois zones géographiques de la wilaya d’Alger seront opérationnels dans les prochains jours». Comme il a tenu à préciser dans la foulée : «C’est la première fois depuis vingt ans que la capitale connaît un plan de distribution de l’AEP. Ce qui va nécessiter des efforts pour pouvoir arriver à maîtriser le nouveau plan». Interrogé sur le pourquoi d’une distribution à l’arrêt en soirée jusqu’à l’aube, le responsable a précisé : «Nous ne pouvons pas distribuer de l’eau durant la nuit parce que pendant cette période nous procédons aux remplissages de nos réservoirs afin de pouvoir distribuer leur contenu à partir des premières heures de la journée». Concernant la production, le Directeur général a par la même occasion rapporté : «Nous allons installer cinq usines de dessalement de type modulaire car leur réalisation est de courte durée. Ce qui va permettre dans les prochains mois de combler en grosse partie le déficit de 600 000 m3 provenant des barrages.» A propos de barrages, il importe de savoir que le niveau de stockage actuel de ceux qui assurent l’AEP de la capitale et des wilayas avoisinantes est des plus critiques. En témoignent les images de dits barrages qui circulent depuis quelques jours sur la toile et qui donnent froid dans le dos. En effet, la majorité enregistre un taux impressionnant d’envasement qui a rendu leur capacité de retenue des eaux de surface ou eaux conventionnelles des plus insignifiantes, à l’image du barrage de Taksebt. Ce dernier, qui était une grande étendue d’eau, n’est plus qu’une immense surface asséchée.
C’est pour dire que l’AEP de la capitale ne sera pas une mince affaire d’autant plus que la demande de ce précieux liquide va aller en s’accentuant avec l’arrivée des grandes chaleurs. Un épisode sur lequel il va devoir faire appel à la mise en place d’autres mesures de restrictions. Comme celle de la suspension partielle de l’activité de lavage automobile qui sans aucun doute a été mal accueillie par les patrons de stations de lavage en majorité des jeunes dans le besoin de faire recette.
En définitive, les citoyens doivent comprendre que les mesures difficiles prises par la wilaya d’Alger sont nécessaires. Il n’est plus à démontrer que sans elles, le risque de se retrouver sans eau plusieurs journées voire des dizaines ne pourra que s’élever avec toutes les conséquences que cela induit comme désagrément. C’est pourquoi l’implication de tous pour économiser ce précieux liquide est donc primordiale. L’économie du précieux liquide doit devenir un réflexe que tout un chacun doit adopter dans son quotidien. En commençant bien sûr par ne plus la gaspiller. n