Le Parquet de Sidi M’hamed prononcera aujourd’hui son verdict dans l’affaire de l’homme politique Karim Tabbou, contre lequel le procureur de la République a requis une peine de quatre ans de prison ferme assortie d’une amende de 200 000 DA. Poursuivi et placé en détention provisoire depuis le 26 septembre dernier pour « atteinte au moral de l’Armée » et à « l’unité nationale » et « incitation à la violence », le procès du président de l’Union démocratique et sociale (UDS) – non agréé – a suscité l’intérêt de pans importants de la société qui expriment leur solidarité avec le détenu. Le jour de son jugement, mercredi passé, a été marqué par un rassemblement de centaines de manifestants plaidant l’innocence de l’ancien premier secrétaire du FFS, qui s’est imposé par sa fougue et la radicalité de son discours comme l’une des figures du mouvement populaire. Aux questions de la juge du tribunal Sidi M’hamed, qui l’interrogeait sur la base des accusations retenues contre lui, Karim Tabbou mettait en évidence sa passion pour la chose politique, réitérant son rejet de la violence sous toutes ses formes et son expression. Réitérant son attachement à la préservation de l’unité nationale, Tabbou a fait de la séance de son jugement une véritable tribune politique pour exprimer ses convictions, lui, qui croupit depuis plus de 5 mois dans la prison de Koléa. Le jugement de Tabbou a été par ailleurs marqué par le nombre considérable d’avocats qui se sont constitués pour la défense du leader politique. Ils étaient en effet plus de 100 avocats à faire partie du collectif pour plaider la cause et l’innocence de Tabbou, qui bénéficie, faut-il le rappeler, du soutien populaire à travers les slogans et les pancartes appelant à sa libération ainsi que les autres détenus lors des manifestations de rue. Bien qu’il ait fait de son procès une tribune politique, « Karim Tabbou s’est montré très correct avec l’appareil judiciaire», a déclaré à Reporters Aïssa Rahmoune, membre du collectif d’avocats. Selon cet avocat, Tabbou
« est victime de son militantisme, de ses idées et positions politiques qui sont connus de tous». Mis une première fois en détention provisoire le 12 septembre dernier à la prison de Koléa (Tipasa) pour des chefs d’inculpation évoquant « atteinte au moral de l’Armée» et à «l’unité nationale et «incitation à la violence» et après deux demandes rejetées, Karim Tabou a fini par être remis en liberté le 25 septembre 2019. De nouveau arrêté moins de 24 heures plus tard, il a été de nouveau présenté, le 2 octobre, devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed qui l’a placé une nouvelle fois en détention provisoire. Depuis, Karim Tabbou est plus que jamais porté par les manifestants aux quatre coins du pays réclamant sa libération. Le sera-t-il ? Réponse aujourd’hui à partir du Parquet Sidi M’hamed.