Hier, dimanche, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a indiqué à Addis-Abeba que le processus de réforme de l’Union africaine (UA) «s’impose en tant que nécessité». «Il intervient, a-t-il ajouté, dans un contexte particulier, marqué par le besoin de répondre aux impératifs d’intégration et de développement de l’Afrique, mais aussi aux mutations globales en cours dans le monde».

Abordant les difficultés financières auxquelles est confrontée l’UA, M. Sellal a rappelé la décision «historique» prise lors du Sommet de l’UA à Kigali en juillet 2016 prévoyant selon la proposition de l’ancien patron de la BAD Donald Kaberuka l’instauration d’une taxe de 0,2% sur les importations des Etats membres, «une décision dont l’opérationnalisation fait l’objet d’un travail minutieux mené sous l’autorité de nos ministres des Finances», a-t-il relevé. Le Premier ministre algérien a rappelé les tentatives d’amélioration et de révision liées à l’architecture institutionnelle, au fonctionnement ainsi qu’aux procédures et méthodes de travail de l’Union et de ses organes. «Bien que louables, ces tentatives n’ont malheureusement pas encore produit les résultats escomptés, à l’instar de la mise en place et de l’opérationnalisation du mécanisme de reddition des comptes, de la révision d’instruments juridiques de l’UA, et l’évaluation des partenariats stratégiques de l’Organisation avec le reste du monde», a-t-il constaté. Il a appelé à ce que les contributions issues des exercices de réformes conduits précédemment «soient pleinement prises en considération afin d’en extraire les éléments saillants et de les intégrer dans le processus de réforme dans sa globalité».
La réforme de l’Union africaine (UA) «ne doit pas toucher aux principes fondamentaux mais concernera le fonctionnement technique de l’organisation», a, pour sa part, précisé le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra.
Dans une déclaration à la presse avant la retraite des chefs d’Etat et de gouvernement africains pour examiner les propositions du président rwandais Paul Kagame, qui a été chargé l’année dernière du dossier de la réforme de l’UA, M. Lamamra a affirmé que «ces propositions seront débattues pour voir quelles sont les idées qui seront adoptées». «Il ne s’agit pas d’une réforme fondamentale qui devrait toucher les objectifs et les principes, mais il s’agit de voir le fonctionnement en termes de structure pour trouver ce qu’il y a à améliorer», a-t-il souligné. M. Lamamra a fait remarquer, que «le Conseil de paix et de sécurité (CPS) n’est pas mentionné dans l’acte constitutif, mais on a eu le protocole d’Addis-Abeba qui a été ajouté à l’acte constitutif». «Maintenant que l’expérience a prouvé que le CPS est un organe essentiel, certainement des dispositions vont entrer dans l’acte constitutif», a-t-il ajouté.