Le Tribunal de Koléa a reporté, une nouvelle fois, la septième, le procès du militant politique Karim Tabbou qui a retrouvé sa liberté début juillet, mais qui est soumis au contrôle judiciaire. Le procès dans cette affaire a été donc renvoyé au 30 novembre en cours, selon la présidente de l’audience en présence de Karim Tabbou et du collectif d’avocats.
Le coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS, non agréé) est poursuivi par le Tribunal de Koléa depuis septembre 2019 pour «atteinte au moral de l’armée». Le Tribunal de Koléa avait rejeté, lors de la dernière audience, le 26 octobre écoulé, la demande de la défense de Karim Tabou relative à la levée de la procédure de contrôle judiciaire. La défense de l’accusé, placé sous contrôle judiciaire, a motivé sa demande de report par «la nécessité d’une bonne préparation du procès». Le Parquet du Tribunal de Koléa avait renvoyé l’affaire devant le juge d’instruction qui a ordonné, le 11 septembre 2019, le placement en détention provisoire de Karim Tabou, arrêté le 12 septembre 2019.
La chambre d’accusation de la Cour de Tipasa avait décidé, le 25 septembre 2019, de placer l’accusé sous contrôle judiciaire. Poursuivi également dans une autre affaire, Tabbou a été condamné à une année de prison dont six mois fermes lors d’un procès le 11 mars dernier. La peine a été aggravée lors du procès en appel le 24 mars à la Cour du Ruisseau dans un procès dénoncé par les avocats. Il a bénéficié, par la suite, précisément la veille de la célébration de la fête d’Indépendance, d’une remise en liberté à la demande de ses avocats. Une remise en liberté suivie de la précision de la Cour d’Alger. «Pour Karim Tabbou, la chambre correctionnelle près la Cour d’Alger, statuant sur la demande de son avocat, a ordonné sa mise en liberté provisoire», avait précisé alors la juridiction algéroise. Pour sa part, le verdict attendu avant-hier dans la soirée dans le procès en appel de Khaled Tazagharet a été mis en délibéré pour le 22 novembre en cours, alors que le Parquet de Béjaïa a demandé l’aggravation de la peine.
En première instance tenue dans des circonstances décriées par les avocats, l’ancien député a été condamné par le Tribunal correctionnel d’Akbou, le 27 septembre dernier, à une année de prison ferme assortie de 100 000 DA d’amende. Le collectif d’avocats a construit sa plaidoirie sur le fait que l’accusé est poursuivi «pour ses opinions politiques». En effet, les avocats qui se sont succédé l’ont qualifié le procès de «politique», pointant notamment «l’inexistence de fondements juridiques» pour l’arrestation du militant politique et détenu Khaled Tazagharet.
«C’est un procès politique. C’est une poursuite contre le droit à la liberté d’expression, d’opinion et de manifestation constitutionnellement consacrée», ont plaidé les avocats. Ils ont réclamé l’acquittement du détenu arrêté, pour rappel, le 27 septembre dernier et placé en garde à vue, puis présenté, le lendemain devant le juge près le Tribunal d’Akbou qui l’a placé sous mandat de dépôt avant de le condamner à une année de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA.
Le détenu est accusé «d’incitation à attroupement, publication pouvant porter trouble à l’ordre public et violation des mesures du confinement sanitaire relatif à la Covid-19». <