Le journaliste Khaled Drareni peut-il être libéré dans les prochains jours ? Probablement, au vu de la dernière évolution enregistrée dans son dossier, désormais renvoyé au Tribunal correctionnel après la fin de l’instruction au niveau du Tribunal de Sidi M’hamed.

«Le juge d’instruction a terminé son travail et a transféré le dossier au Parquet pour la programmation du procès», a indiqué l’avocat Abdelghani Badi, repris par 24H Algérie, expliquant que «l’inscription de l’affaire pour être jugée doit se faire dans un délai maximum de 20 jours à partir de la date du renvoi du dossier devant le Tribunal correctionnel».
«Mais le procès peut être programmé avant, dans deux ou trois jours par exemple, voire demain. S’ils ont une bonne intention, ils programment le dossier rapidement. Dans tous les cas, le procès doit se tenir avant le 30 juillet, avant les vacances judiciaires. Le juge de siège peut prononcer une mise en liberté provisoire avec report du jugement comme cela a été fait pour Amira Bouraoui», soutient l’avocat.
Le collectif de défense a mis en évidence, depuis jeudi dernier, «la discrimination» que subit le journaliste dès lors que d’autres activistes arrêtés dans les mêmes circonstances que Drareni et poursuivis pour des accusations identiques ont été libérés récemment. Il s’agit de Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche qui ont été mis en liberté provisoire, alors que Khaled Drareni a été maintenu à la prison de Koléa. «Tous les trois ont les mêmes chefs d’accusation. On ne comprend pas que Drareni soit maintenu en détention. Ça s’est passé dans la précipitation, donc nous n’avons pas encore pris connaissance de l’ordonnance pour voir quelle est la motivation du juge, son explication quant au maintien de Drareni en détention et la libération des deux autres», a déclaré l’avocate et cheffe politique, Zoubida Assoul. Pour moi, «si la loi devait s’appliquer, Khaled Drareni serait dehors. De plus, il n’a fait que son travail de journaliste», a-t-elle ajouté.
Correspondant de TV 5 Monde en Algérie, le journaliste Khaled Drarerni a été arrêté le 7 mars dernier pour être poursuivi pour des chefs d’inculpation annonçant «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale». Le 31 mars dernier, le père du journaliste Khaled Drareni a adressé une lettre au président de la République dans laquelle il lui demande d’intervenir pour «mettre fin à l’abus de pouvoir dont son fils est victime».
Samedi et à l’occasion de l’interview accordée à la chaîne France 24, le président Tebboune a annoncé qu’il était «possible de libérer d’autres personnes car l’Algérie va vers une période qui nécessite l’effort de tous les Algériennes et les Algériens», mettant l’accent sur «un climat plus apaisé qui permette d’aller vers les changements notamment la Constitution».
La veille de la célébration de la fête de l’Indépendance a été marquée notamment par la sortie de prison de Karim Tabbou, Amira Bouraoui, Slimane Hamitouche et Samir Benlarbi. <