Le procès du patron de Cevital, Issad Rebrab, qui s’était ouvert, hier, à la chambre correctionnelle de la Cour d’Alger, a été reporté au 31 décembre. Si le report du procès était pour le moins prévisible, le rejet de la demande de libération d’Issad Rebrab, formulée par la défense, a été une surprise, étant donné que le patron de Cevital avait déjà bouclé la période réglementaire prévue pour sa détention préventive.

C’est vers 12h05 qu’Issad Rebrab fait son entrée dans l’enceinte de la salle d’audience. Il n’a pas été aussitôt appelé à la barre, puisque, avant l’ouverture de son procès, des affaires de droits communs devaient être examinées par la même chambre. La salle ne désemplissait pas et l’annonce de son transfert au tribunal de Sidi M’Hamed, tôt dans la matinée d’hier, a donné lieu à des va et vient incessants de plusieurs personnes venues apportées leurs soutien à l’industriel. Lorsqu’il a été appelé à la barre, la juge demande à Issad Rebrab s’il était d’accord que son procès soit ouvert. Le patron de Cevital répond par l’affirmative, tout en exprimant son regret de ne pouvoir s’exprimer en arabe, faute de sa maîtrise, demandant ainsi qu’un traducteur soit présent, étant donné que le dossier objet du procès est trop technique et qu’il était incapable de trouver les mots correspondant à la terminologie technique et scientifique de la technologie EvCon. Sur sa lancée, Issad Rebrab explique à la juge qu’il était le président du Conseil d’administration du groupe Cevital, lequel est composé de plusieurs filiales, dont EvCon, et qu’il était donc nécessaire que le représentant d’EvCon soit convoqué par la justice étant donné qu’il est à même de connaître tous les détails de cette technologie. « Madame la présidente, je demande à la justice de convoquer le directeur général de la filiale EvCon car je ne suis que le président d’un conseil d’administration du groupe qui dirige 27 filiales, dont la société EvCon ». La juge a proposé ensuite qu’un avocat, autre que ceux dont est composé le collectif de défense d’Issad Rebrab, pouvant traduire du français à l’arabe ou du kabyle à l’arabe puisse être sollicité pour aider Issad Rebrab à transmettre ses idées et mieux faire comprendre ses arguments. Les témoins de l’affaire ont été ensuite appelés par la juge, lesquels étaient tous présents, ainsi que les représentants de la partie civile, à savoir l’administration douanière et le Trésor public. La défense de la partie civile, à savoir les Douanes, a demandé le report du procès. Un moment d’arrêt a été observé et la juge suspend la séance pour décider des suites à donner au procès. Peu après, la séance a été reprise et la juge prononce le report du procès demandé par la défense de la partie civile. Cependant, les avocats d’Issad Rebrab ont aussitôt repris la parole pour demander la libération provisoire d’Issad Rebrab, une demande à laquelle le procureur de la République n’a pu acquiescer. Le procès a été renvoyé ainsi au 31 du moins en cours, le temps qu’une convocation puisse être envoyée au représentant d’EvCon, le mieux indiqué pour défendre la valeur ajoutée de la technologie EvCon pour l’Algérie ainsi que le coût de la machine, objet de la plainte introduite par les Douanes algériennes. Cette administration a jugé que le coût de cette machine, un prototype qui n’existait pas avant la technologie EvCon, était exorbitant et qu’il y avait tentative de surfacturation. Pendant son instruction, le dossier a été complété par des expertises demandées par la Justice, deux d’entre elles (il y en avait trois) ont conclu qu’il n’y avait point de surfacturation et que le prix était justifié par le fait qu’il s’agissait d’un prototype et qu’il était pour le moins difficile de déterminer son prix avec exactitude. <