Le procès du journaliste et activiste Fodil Boumala a été renvoyé au 23 février prochain, apprend-on de Salah Abderrahmane, membre du Collectif de défense de l’accusé mis en détention provisoire.
Ce report a été justifié par le « non-traitement du dossier du mis en cause par le parquet de Dar el Beïda », ajoute l’avocat, qui précise que la défense n’a pas la prérogative de s’opposer à la décision du juge. Mais, contrairement à M. Abderrahmane, d’autres avocats ont ouvertement qualifié le prétexte avancé par le Parquet de « propos élusifs » pour ne pas aborder les vraies raisons du report. C’est le cas de Nabila Ismaïl, également membre du Collectif de défense, qui a explicitement partagé le « désarroi » du détenu en évoquant un « report calculé ». « L’affaire Boumala repose sur un CD que le juge avait la possibilité de voir en un laps de temps et de programmer ensuite le procès pour la semaine prochaine. Mais il nous a étonné en reportant le procès de l’activiste, poursuivi dans un dossier monté de toutes pièces», dénonce l’avocate.
Le juge a également rejeté la libération provisoire du détenu, a-t-on appris du collectif d’avocats. « Nous avons plaidé contre le mandat de dépôt en expliquant que Boumala présente toutes les garanties pour répondre à la justice à n’importe quelle heure ou moment. Il a un domicile fixe et une adresse connue et qu’il n’est pas un criminel mais un détenu d’opinion, dont la place n’est pas en prison», soulignent-ils. Mais la demande de liberté provisoire a été rejetée, regrette l’avocate Nabila Ismaïl, qui évoque un « report calculé vu que Boumala est déjà à son cinquième mois de détention préventive ». Ce dernier a été placé, pour rappel, le 19 septembre dernier sous mandat de dépôt pour «atteinte à l’intégrité du territoire national ». Son dossier n’a été transféré à la section correctionnelle du même tribunal que le 13 janvier et le présent report pour le 23 février ouvre la voie à toute interprétation d’autant plus qu’il s’agit de l’une des figures de proue du Hirak.M. K.