Le ministre conseiller à la Communication et porte-parole de la Présidence Mohand Oussaïd Belaïd a indiqué mercredi dernier que la Loi de finances complémentaire (LFC) 2020 prévoit comme projection, pour établir le Budget de l’année en cours, un prix référentiel du baril de 30 dollars au lieu de 50 dollars le baril dans la loi de finances (LF 2020).
Dans ce scénario, cette chute très brutale des prix du pétrole aura des répercussions très fâcheuses sur l’économie nationale. Avec un tel prix moyen du pétrole, les recettes d’exportations subiront une baisse très importante, elles atteindraient moins de 20 milliards en 2020 contre 35 milliards de dollars en 2019. Les recettes fiscales seront très vraisemblablement en baisse en raison d’une chute des recettes fiscales pétrolières qui constituent une bonne portion des entrées fiscales globales. Alors qu’il faut en moyenne 90 à 100 dollars le baril pour que le budget de l’Etat soit à l’équilibre et qu’il puisse assurer les dépenses publiques indispensables, le Budget de l’Etat va donc rouler avec un prix du baril à moins d’un tiers de celui nécessaire pour garantir le bon fonctionnement des services publics et de l’économie nationale. A noter que l’un des plus importants impacts de cette chute des prix du pétrole s’avère sans conteste la fonte des réserves de change. La LFC 2020 prévoit un niveau de réserves en devises de 44 milliards de dollars à fin 2020 contre 60 milliards de dollars début 2020, soit une chute de 14 milliards de dollars. Ce niveau représente environ 1 an d’importation de marchandises.
Au rythme des importations de 2019, l’Algérie serait aux portes du FMI en 2022, selon des économistes, si le gouvernement ne réussit pas à rationaliser les dépenses et à faire redémarrer la machine économique et à drainer de nouvelles ressources financières hors hydrocarbures. Autre conséquence négative, la baisse très probable du budget d’équipement. Cette diminution aura des répercussions négatives sur le secteur du BTPH et partant sur la croissance économique qui dépend toujours fortement des investissements publics. Cela veut dire tout simplement une nouvelle baisse de la commande publique qui va exacerber les difficultés financières des entreprises du BTPH. Cette situation est aggravée par les effets de la pandémie Covid 19. Tout cela va sans doute pousser à une augmentation du taux de chômage, du moins au cours du second semestre 2020.
La relance en 2021 dépendra, elle, de l’efficacité de la politique économique du gouvernement Djerad. n