Avec «Le prix de la vengeance», Don Winslow façonne un ouvrage unique et s’impose une fois de plus comme l’un des meilleurs auteurs de polars de sa génération.

Par Rouchdi BERRAHMA
Don Winslow est un auteur américain de thrillers de renommée internationale. Il est surtout connu pour sa trilogie épique sur les narcotrafiquants. «La Griffe du chien», «Cartel», «La Frontière» abordent la corruption, la violence et l’horreur effroyable du conflit acharné entre le Mexique, ses vendeurs de drogue, et les Etats-Unis, son voisin riche et ignorant une nation de toxicomanes. Il a également écrit une extraordinaire série de romans centrés sur le détective Boone Daniels et ses copains du sud de la Californie, des personnages imparfaits qui chassent les méchants. «La Patrouille de l’aube» et «l’Heure des gentlemen» sont des titres qui donnent un peu de saveur. Ensuite, il y a son énorme roman sur la police à New York, «Corruption», un page-turner déchirant sur la question raciale et la corruption aux USA. En général, l’écriture de Winslow est alimentée par la colère, la fureur, le cynisme et l’amusement face au gâchis que les gens font. «Le Prix de la vengeance», son dernier livre paru aux éditions Harper Collins en 2020, est une aubaine pour la lecture ; une collection de six novellas axées sur le crime qui explorent le genre avec une virtuosité technique. Les titres des romans de la nouvelle collection sont caractéristiques, «le Prix de la vengeance», «Crime 101», «le Zoo de San Diego», «Sunset» «Paradise» et «la Dernière chevauchée». Les histoires elles-mêmes, significatives et mémorables. Des promesses non tenues, des os et des rêves brisés, un système pourri… Cela semble sombre, mais ces histoires vous feront traverser toute une gamme d’émotions. Oui, il y a la peur, le chagrin, la colère et le dégoût.
Mais il y a aussi de l’humour, avec des rires, de l’espoir et des fins satisfaisantes, sinon heureuses. Dans la plupart des cas, de toute façon. Chacune des histoires de Winslow est d’une complexité satisfaisante, pas toujours rédemptrice, mais claire dans sa trajectoire. Les gentils se font souvent mal. «Le Prix de la vengeance» est une vitrine agréable de la myriade de talents de l’auteur. Elle révèle qu’il est tout aussi doué pour les sprints que pour les longues distances. Avec ce recueil, Don Winslow façonne un ouvrage unique et s’impose une fois de plus comme l’un des meilleurs auteurs de polars de sa génération. Fils d’un marin et d’une bibliothécaire, Don Winslow, né en 1953, a grandi dans une petite ville de l’Etat de Rhode Island. Il a fait des études de journalisme à l’université du Nebraska, puis beaucoup voyagé avant de s’établir à New York pour écrire. Il a été comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari. Don Winslox est notamment l’auteur de «Cirque à Piccadilly» (Gallimard, 1995), «le Miroir de Bouddha» (Gallimard, 1996), «Mort et Vie de Bobby Z.» (Belfond, 1998), «Au plus bas des hautes solitudes» (Gallimard, 1998), «A contre-courant du Grand toboggan» (Gallimard, 1999), «Noyade au désert» (Gallimard, 2000), «Du feu sous la cendre» (Belfond, 2002), «la Griffe du chien (Fayard, 2007) et «l’Hiver de Franckie Machine» (Ed. du Masque, 2009). Deux de ses romans, best-sellers traduits en une vingtaine de langues, ont été adaptés au cinéma, «Mort et Vie de Bobby Z.» et «Savages».
Après avoir vécu dans le Nebraska et à Londres, il vit aujourd’hui à San Diego, paradis du surf et théâtre de ses derniers romans. n