Le deuxième jour de la visite d’État du président de la République en Turquie sera marqué aujourd’hui par la réunion du Conseil de coopération de haut niveau. Un tour de table à hauteur des ambitions de partenariat souhaitée par Alger et Ankara.

Par Nadir Kadi
Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a entamé hier une visite d’Etat de trois jours qui devrait être consacrée, en très large partie, aux questions d’ordres économiques et aux relations politiques entre les deux pays.
La communication des autorités turques précise, en effet, que la visite, organisée à l’invitation du président turc Recep Tayyip Erdogan, sera marquée, ce lundi à Ankara, par la tenue de la première réunion du «Conseil de coopération de haut niveau Turquie-Algérie» sous la supervision des deux chefs d’Etat. Le même communiqué de la direction de la Communication de la Présidence turque ajoute que cette visite officielle, qui coïncide aussi avec la célébration du 60e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la Turquie et l’Algérie, sera l’occasion de signer plusieurs «protocoles et mémorandums d’accord sur le renforcement de la coopération existante».
En ce sens, et bien que les informations sur le contenu exact des discussions ou des nouveaux accords restaient, hier, relativement rares, la présidence de la République a, de son côté, fait savoir que le déplacement du président A. Tebboune, accompagné d’une délégation ministérielle «importante», vise à renforcer les intérêts des deux pays : «Monsieur le Président aura avec son frère le président de la République de Turquie, des entretiens sur les relations algéro-turques et les moyens de les renforcer au mieux des intérêts des deux peuples frères, ainsi que sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun.»
Les deux pays sont, pour rappel, liés depuis 2006 par un Traité d’amitié et de coopération, et le président Erdogan avait souligné, lors de sa visite de travail et d’amitié en Algérie les 26 et 27 janvier 2020, au lendemain l’élection de Abdelmadjid Tebboune à la magistrature suprême, que les relations entre l’Algérie et la Turquie revêtaient un «caractère stratégique», réaffirmant au passage la disponibilité de son pays à intensifier les échanges économiques bilatérales, ainsi que la poursuite de la concertation politique sur les questions d’intérêt commun.
Et dans cette logique, il est également à rappeler que le volume des échanges entre l’Algérie et la Turquie n’a cessé d’augmenter au cours de ces 20 dernières années ; les chiffres du ministère du Commerce et de la Promotion des exportations montrent en ce sens qu’au cours de l’année 2021, les exportations de l’Algérie vers la Turquie ont atteint la valeur de 2,5 milliards de dollars tandis que les importations ont été de l’ordre de 1,7 milliard de dollars. La nature des exportations algériennes reste toutefois composées à 90% de produits énergétiques, notamment suite au renouvellement, en 2020, du contrat faisant de l’Algérie le premier fournisseur de GNL à la Turquie jusqu’à l’horizon 2024. Quant aux exportations turques vers l’Algérie, elles sont, pour leur part, beaucoup plus diversifiées, constituées entre autres de véhicules de transport, de produits de fer et d’acier, d’outils et pièces de machines, de produits textiles… Toutefois, les échanges entre les deux pays ont également réussi à évoluer, ces dernières années, vers des investissements directs ayant atteint près de 5 milliards de dollars et généré près de 30 000 postes d’emploi en Algérie, selon des données officielles turques. L’Algérie serait, en effet, classée à l’heure actuelle comme le deuxième partenaire commercial de la Turquie en Afrique après l’Egypte et la première destination en matière d’IDE turcs sur le continent.
Quant au développement futur des relations entre les pays, le Premier ministre Aimene Benabderrahmane, qui avait représenté le président Abdelmadjid Tebboune aux travaux du 3e Sommet Turquie-Afrique, tenu à Istanbul en décembre 2021, et qui avait alors officiellement transmis l’invitation de la présidence turque, avait précisé que la visite du chef de l’Etat en Turquie permettra aux relations stratégiques entre les deux pays de «s’ouvrir sur d’autres perspectives qui seront à la hauteur des attentes des peuples algérien et turc».
Ainsi, les informations transmises hier par les autorités des deux pays parlaient également d’une volonté de «poursuivre la concertation politique sur les questions régionales et internationales» du côté algérien, alors que la Turquie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avait précédemment fait part de sa volonté de poursuivre la coopération à tous les niveaux avec l’Algérie, notamment sur les questions régionales et internationales dans l’objectif de garantir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région. <