Le président de la République Abdelmadjid Tebboune a mis à profit la tribune de la 33e session de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) pour mettre en avant « l’engagement de l’Algérie » à ouvrir une « nouvelle ère pour la consolidation de sa démocratie», faisant par ailleurs part de la volonté d’Alger à contribuer à résoudre les conflits et crises en cours dans le continent africain.

Le chef de l’Etat a évoqué, par la même occasion, la nécessitéd’opérer le changement dans le système de gouvernance du pays et la construction d’un Etat basé sur la justice sociale et la suprématie de la loi. « Aujourd’hui, grâce à l’énergie salvatrice de son peuple et de sa jeunesse, l’Algérie est engagée dans une nouvelle ère pour la consolidation de sa démocratie et la réunion des conditions adéquates à son essor », a déclaré dans son allocution le chef de l’Etat. Ajoutant que « la nouvelle Algérie en édification demeurera fidèle à ses principes et engagements et jouera, dorénavant, pleinement son rôle en Afrique et dans le monde ». M. Tebboune a évoqué, également, le processus des réformes qu’il a engagées depuis son accession à la magistrature suprême pour réaliser « le changement escompté » et pouvoir, par la suite, contribuer au développement de l’Afrique. « Résolument décidé à changer son système de gouvernance et à construire un Etat garantissant la justice sociale et la suprématie de la loi, après l’élection présidentielle du 12 décembre qui a permis au peuple algérien de consacrer, démocratiquement et dans la transparence, sa souveraineté populaire, mon pays s’apprête, à présent, à aller de l’avant », a-t-il dit. Il a expliqué qu’il s’agit du processus de réformes politiques, économiques et sociales engagé afin de réaliser « le changement escompté et construire une nouvelle Algérie forte, sereine et prospère, basée sur une gouvernance de transparence, la moralisation de la vie politique et la consolidation des libertés individuelles ». Sur la situation dans le continent et le travail qu’accomplit l’organisation panafricaine, il a évoqué un contexte particulier, marqué par nombre de défis multiples comme le terrorisme, l’extrémisme, le trafic de drogues, la multiplication et l’exacerbation des foyers de tension et des crises… « Notre expérience réussie conforte notre conviction que le règlement des crises dans notre continent passe par la solution pacifique, le dialogue inclusif et la réconciliation nationale loin de toute immixtion étrangère», a-t-il déclaré, ajoutant que l’Algérie « s’attèlera, toujours et inlassablement, au soutien des efforts visant l’instauration de la paix et de la sécurité en Afrique ». Pointant un monde qui s’éloigne « des repères du droit international et cadres multilatéraux», M. Tebboune a estimé que le continent africain « subit souvent les contrecoups des chocs déstabilisateurs affectant le monde », tout en relevant que la crise du Sahel « n’en est qu’une triste et regrettable illustration de cette réalité ». Il a mis en exergue dans ce sens les efforts de l’Algérie à travers sa contribution multiforme pour le rétablissement d’une stabilité durable en Afrique, en particulier au Sahel, que ce soit au niveau bilatéral ou par le biais de mécanismes tels que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) ou l’Unité de fusion et de liaison (UFL) ou encore à travers le Caert. M. Tebboune a évoqué la situation en Libye qu’il a qualifiée de « dramatique » rappelant la proposition de l’Algérie d’abriter le dialogue entre les Libyens. « L’Algérie, qui plaide pour l’arrêt de toutes les ingérences en Libye, appuie fortement les efforts continus pour mettre fin durablement aux hostilités et réunir les conditions du dialogue entre les frères libyens, unique et seul moyen de parvenir à une issue à la crise et d’éviter à ce pays africain d’être le théâtre des rivalités entre Etats », a-t-il souligné. Il a salué, sur un autre registre, les pas importants franchis par l’Afrique dans le processus d’intégration continentale, notamment à la faveur de l’entrée en vigueur de l’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) et de la poursuite de la concrétisation des projets visant l’intégration régionale et le renforcement de l’infrastructure au titre de l’initiative du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad). L’Algérie demeure « disposée », a ajouté le chef de l’Etat, à contribuer au renforcement de l’intégration régionale et aux efforts permettant à notre continent de prendre en charge lui-même ses problèmes et d’en finir avec sa marginalisation dans les relations internationales et l’économie mondiale pour prendre son destin en main et s’approprier son processus de développement dans toutes ses dimensions.