Le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, poursuit le cycle des consultations entamées le mois dernier avec les chefs de partis, personnalités, représentants de la société civile et autres. Hier, c’était au tour du président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, à avoir été reçu par le Chef de l’Etat dans le cadre de ses consultations portant sur la situation générale du pays et la révision de la Constitution.

«Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a reçu, mercredi 5 février 2020, le président du Mouvement de la société pour la paix, Abderrezak Makri, qui était accompagné d’une délégation du parti», a indiqué un communiqué de la présidence de la République diffusé hier. Cette audience, est-il noté, s’inscrit dans le cadre des «consultations initiées par le Président de la République avec des personnalités nationales, chefs de partis et représentants de la société civile concernant la situation générale dans le pays et le projet d’amendement de la Constitution».
Le président du MSP, qui avait déclaré son «adhésion à l’offre de dialogue» dès les premiers jours «dans l’intérêt de l’Algérie», était accompagné de deux cadres du parti, à savoir Abderrezak Achouri et Abdellali Hassani Chérif, qui ont pris part à l’entrevue avec le Chef de l’Etat. «Le Président de la République a pris note des avis et propositions de la délégation du parti concernant l’enrichissement de la Constitution et le parachèvement de la concrétisation des revendications et aspirations du peuple», selon la présidence.
Pour sa part, le MSP a indiqué, à l’issue de l’audience présidentielle, avoir noté une «grande convergence des points de vue avec le Chef de l’Etat sur bon nombre de questions», qu’elles soient d’ordre national ou international, à commencer par les questions prioritaires de l’heure pour le pays. Ces convergences concernent, en effet, plusieurs domaines que le mouvement de M. Makri a résumés en cinq points principaux. Il s’agit, en premier lieu, du «dossier des réformes et de la nécessité d’aller vers des élections législatives et locales, libres et transparentes», et ce, après avoir achevé les deux étapes d’ordre juridique que sont «la révision de la Constitution et la révision de la loi électorale», a fait savoir le MSP dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre de son leader avec le Président.
«Le dossier économique ainsi que les risques qui pèsent sur le pays dans ce domaine» sont le deuxième point qui a été évoqué par le MSP. Un dossier sur lequel M. Makri s’est exprimé en exposant au chef de l’Etat les conditions qui sont, selon lui, à même d’«aboutir à un résultat concret en passant par la réussite des réformes et le rétablissement de la confiance» entre le peuple et ses gouvernants.
«C’est la réussite dans le domaine économique qui nous permettra de concrétiser le développement et la prospérité du pays, et c’est ce qui fera de l’Algérie un pays puissant et influent», a déclaré le MSP, estimant que «ceci relève du domaine du possible quand il y a une bonne gouvernance, ainsi qu’une stabilité politique et sociale». Et «la voie» qui mène vers ces conditions, selon le parti de Makri, est celle «du dialogue et du consensus, qui devront être confortés par la légitimité, la crédibilité et la puissance des institutions de l’Etat». Le MSP affirme, à ce propos, avoir «ressenti une forte volonté du Président Tebboune» quant à aller de l’avant concernant ces questions.

«Impératif de poursuivre les mesures d’apaisement »
«La poursuite de la lutte sans merci contre la corruption et la récupération des montants colossaux octroyés par les banques» à des hommes d’affaires qui «ont fini par dilapider et piller les deniers publics» est l’autre point sur lequel s’est exprimée la délégation reçue par le Président. Pour le MSP, «il est impératif maintenant d’instaurer un climat des affaires loin de la corruption, basé sur la justice, la transparence et l’équité». Il est également impératif de «construire rapidement des entreprises économiques viables, ayant les capacités de générer des plus-values à même de créer la richesse et l’emploi». Le dossier des détenus n’était pas en reste lors de l’audience présidentielle. Dans ce sens, le président du MSP a déclaré qu’il est «impératif de poursuivre les mesures d’apaisement ainsi que la libération des détenus du Hirak populaire».
Après avoir «pris note des avis et propositions de la délégation du MSP concernant l’enrichissement de la Constitution et le parachèvement de la concrétisation des revendications et aspirations du peuple», le Président Tebboune a «réitéré son engagement électoral à satisfaire progressivement ce qui reste des revendications légitimes soulevées par le peuple le 22 février dernier, et ce, afin d’opérer un changement radical dans le mode de gouvernance et les méthodes de gestion qui permettront au pays d’amorcer un nouveau départ dans tous les domaines et de réhabiliter les bonnes mœurs dans la vie publique».
Il a également souligné que «cette démarche exige un plus large consensus national sur le projet d’amendement de la Constitution, suivant une méthodologie basée sur le dialogue et la concertation, afin de mobiliser les énergies pour l’édification de la nouvelle République».
La délégation du MSP s’est, par ailleurs, exprimé sur le plan international, notamment à propos du dossier libyen sur lequel son «point de vue converge avec celui de M. Tebboune», à savoir «une solution pacifique et politique interlibyenne, loin des interférences étrangères».