Eliminé sans gloire de la Coupe de la Ligue des Champions CAF ainsi que de la Coupe de la Ligue, et distancé en championnat, le MC Alger a raté sa saison 2020-2021 qui coïncide avec le centenaire du club. Amar Brahmia, président du Conseil d’Administration de la SSPA/MCA, a animé une conférence de presse hier. Niveau bilan, il pense que le « Doyen » n’a pas été décevant. Et pourtant…

Par Mohamed Touileb
Hier, Brahmia a clairement dévié pour sortir du contexte et de l’analyse logique des performances. Quand les résultats sportifs ne suivent pas, les dirigeants basculent souvent dans les discours à la portée historique. Encore une fois, le « Doyen » a plombé sa saison sportive. Pourtant, celle de 2020-2021 ne devait pas être comme toutes les autres qui ont précédé. Tout simplement parce qu’elle représente les 100 années d’existence du Mouloudia.
Après un siècle de sa création, la formation des « Vert et Rouge » n’a ni un palmarès à la hauteur du vécu, ni un centre de formation, ni le pouvoir de s’autogérer sans être dans le mécénat sportif et la nécessité de voir une entreprise étatique subvenir aux besoins financier afin que le club de la capitale ne déclare pas faillite.
Le fameux bouclier de la légitimité révolutionnaire
Malgré tous ces points noirs, Brahmia pense que « Le MCA s’apprête à boucler 100 ans d’existence, pleins de consécrations. Peu d’équipes peuvent faire ce que le Mouloudia a réalisé depuis sa création. Les supporters souhaitaient un titre cette saison pour célébrer l’anniversaire, mais on ne voit pas les choses du même angle. En tant que dirigeants, la célébration rime avec les sacrifices de nos aînés, ceux qui ont créé le club et ceux qui se sont succédé à sa tête.»
Le successeur d’Almas a donc choisi le prisme de la démagogie pour essayer de cacher la faillite sportive. Notamment celle du club de football qui a été la locomotive lors de la création du MCA. Aujourd’hui, le Mouloudia n’est même pas le club le plus titré en Algérie. En tout cas, pas quand on considère les accomplissemnts sur le plan continental avec l’ES Sétif et la JS Kabylie qui font mieux. En 100 ans, les Mouloudéens n’ont décroché qu’une seule Ligue des champions. C’était il y a 45 ans de cela.
Certes, les autres disciplines ont connu des moments de gloires sur le plan africain et celui arabe. Notamment pour ce qui est de l’athlétisme, du handball et du basketball. Mais on notera que ces sports ont été dissociés. Et ce, en restant sous le giron de la Sonatrach mais avec d’autres couleurs : noire et orange soit celles du Groupement Sportif des Pétroliers (GSP). Il était prévu de refusionner les sections sous les seules couleurs du MCA pour cette année. Mais cela n’a toujours pas été acté.
En 100 ans, l’erreur devient de la préméditation
Ce refusionnement n’a, comme beaucoup trop de projets, pas été conclu. A travers le temps, le MCA n’a vécu que sur des promesses jamais tenues et s’est reposé sur cette notoriété de club révolutionnaire. Une sorte de confort et de légitimité qui a empêché le développement concret du team de la capitale.
Pour Brahmia, « nous devons apprendre de nos erreurs et celles commises par nos prédécesseurs. Comme début, nous allons changer le siège du club, actuellement on est logés dans une sorte de grande maison, ce qui est inacceptable. On n’est pas ici pour nos intérêts personnels, tout le monde doit rendre des comptes pour son rôle. Les conditions actuelles ont forcément des explications, mais il faut l’admettre : on n’a pas été à la hauteur de ce club », un discours que les Omar Ghrib, Abdenacer Almas et d’autres ont déjà tenu. Pour les résultats que tout le monde connaît… n