Si pour les sportifs, le Coronavirus a tout chamboulé, la pandémie s’est avérée une aubaine pour ce qui est du délai d’organisation des Jeux Méditerranéens dans leur 19e édition. En effet, la COVID-19 a permis de décaler les J-MED, programmés dans un premier temps du 25 juin au 5 juillet 2021 à Oran, d’une année. Un «sursis» qui a permis au Comité d’Organisation (COJEM) de cette messe d’élargir sa marge de manœuvre. Pour Salim Iles, président du COJEM, cet événement sportif devrait être exploité pour «hisser l’Algérie au rang des pays organisateurs des grands événements.»

Ça sera la mise principale à rafler des joutes si l’on se fie au passage, fait hier sur les ondes de la Radio Chaîne III, de Salim Iles qui évoque «des enjeux plus importants» qui dépassent l’aspect purement sportif de ce rendez-vous du bassin méditerranéen. Un raout auquel prendront part 26 délégations avec un total de 5000 athlètes en plus de 7000 autres personnes qui seront accrédités.
Le natif d’El-Bahia n’a pas manqué de rappeler qu’ «Oran va être la capitale méditerranéenne pendant une quinzaine de jours et si on ne profite pas en montrant notre culture, nos traditions et notre patrimoine, les gens vont venir une seule fois et ne plus jamais revenir.»

Sortir de la zone de confort
Pour lui et sa commission l’ambition majeure «est de réussir ces jeux et inscrire l’Algérie, en lettre d’or, dans la liste des pays organisateurs des grands événements.» Dans cette optique, il n’a pas peur de sortir de la zone de confort habituelle estimant qu’«il faut élever notre niveau d’organisation et il ne faut pas se contenter des standards qu’on a l’habitude de voir dans des jeux continentaux, notamment, les Jeux africains ou les Championnats arabes.»
La référence des bassins en Algérie veut faire aussi bien qu’en 1975, la première et dernière fois que l’Algérie avait abrité les JM, en annonçant qu’«il va falloir vraiment qu’on soit à la hauteur et faire comme les Jeux de 1975, au moins» non sans faire appel à toutes les parties concernées par cette date cruciale d’«élever leur niveau de pratique et dépoussiérer nos habitudes.»
Iles sait que les mentalités peuvent être préjudiciables dans l’organisation de cette manifestation d’envergure. D’autant plus que certains aspects ne dépendent pas directement du COJEM : «En tant que COJM, on a un droit de regard sur l’évolution des travaux au niveau des infrastructures sportives, mais on n’est pas responsables de leur réalisation. Je peux dire que les choses évoluent très bien dans ce registre. Il y a aussi le village olympique d’une capacité d’accueil de 4.500 lits, et pas moins de huit autres équipements qui font l’objet d’une vaste opération de rénovation», précise-t-il.

Une mise de plus de 600 millions d’euros
Le contexte sanitaire qui intervient avant la tenue des JM-2022 est spécifique. Un environnement assez sensible puisque «la préparation des JM s’articule sur les deux aspects infrastructurel et organisationnel.» Ce n’est, toutefois, pas ce qui rend la course contre la montre plus facile sachant qu’ «il y a obligation de livrer tous les équipements sportifs concernés avant juin 2021, comme exigé par le propriétaire des jeux, à savoir, le comité international des JM», comme le rappelle l’ex-nageur international. Malgré cela, Iles n’a pas semblé vouloir trouver des prétextes pour laisser s’attendre à des couacs. Le sportif de haut niveau qu’il était, il aimerait certainement mener à bien sa mission. Il sait aussi que les athlètes devront être au top pour que les compétitions soient d’un niveau élevé. Surtout pour les Algériens qui se produiront à domicile.
Pour cela, il a souhaité que «l’Etat algérien mettra le paquet avec l’aide du Comité Olympique pour pouvoir préparer nos équipes nationales de la meilleure manière possible.» En tout cas, financièrement, les Autorités ont dédié une enveloppe dépassant les 600 millions d’euros pour l’ensemble des préparatifs et la mise sur pied (construction et «rafraîchissement») des 47 sites sportifs qui abriteront les différentes épreuves. Mais bon, l’argent, il faut savoir l’investir que cela soit sur le plan sportif ou humain. C’est ce qui fera la différence. n