Le président des Emirats arabes unis, Mohamed ben Zayed al-Nahyane, a atterri dimanche à Paris, pour une visite au cours de laquelle il devrait signer plusieurs accords, notamment dans le secteur de l’énergie dans un contexte de hausse des prix du pétrole. Pour sa première visite d’Etat en tant que président des Emirats, riche pays pétrolier du Golfe, Mohamed ben Zayed sera reçu lundi par son homologue Emmanuel Macron à l’Elysée. Cette visite devrait être marquée par “l’annonce de garanties émiraties concernant les quantités d’hydrocarbures (diesel uniquement) fournies à la France”, a indiqué à l’AFP un conseiller présidentiel à l’Elysée. Dominées par les hydrocarbures, les exportations émiraties vers la France ont atteint en 2019 un record absolu de 1,5 milliard d’euros, dont une grande partie de produits pétroliers raffinés, mais les Emirats ne fournissent actuellement pas de diesel au pays. “La France cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement dans le contexte du conflit en Ukraine”, a ajouté le conseiller. Des signatures de contrats dans les domaines des transports et du traitement des déchets sont également prévues au cours de cette visite de trois jours. Les relations franco-émiraties se sont considérablement développées ces dernières années. En décembre, Abou Dhabi a notamment signé un contrat record de 14 milliards d’euros portant sur 80 avions de combat Rafale. Dirigeant de facto des Emirats depuis des années, Mohammed ben Zayed a pris ses fonctions en mai après le décès de son demi-frère. “Cette visite revêt bien sûr une dimension très symbolique, elle illustre le partenariat stratégique entre la France et les Emirats, ainsi que la bonne relation personnelle entre Macron et Mohammed ben Zayed”, a commenté pour l’AFP Anne Gadel, experte du Golfe et membre de l’Observatoire Afrique du Nord/Moyen-Orient à la Fondation Jean Jaurès. “Ce voyage sera évidemment marqué par les questions énergétiques dans un contexte où les pays européens s’inquiètent d’une inflation croissante due aux prix élevés de l’énergie”, a-t-elle ajouté. Mais “il s’agit également d’un signal envoyé aux Etats-Unis (…) signifiant: +nous ne sommes pas pressés de répondre à tout prix aux exigences américaines+”. Washington, et Paris, souhaitent vivement que les Emirats et l’Arabie saoudite contribuent à faire baisser la hausse des prix de l’essence depuis l’invasion russe de l’Ukraine en distribuant davantage de pétrole. Le président américain Joe Bien a effectué cette semaine sa première tournée officielle au Moyen-Orient, mais n’a abouti à aucune avancée notable sur le sujet en Arabie saoudite. Samedi, il a invité son homologue émirati à se rendre aux Etats-Unis, un geste amical après des mois de relations tendues.