L’averse était sérieuse. Et elle semble être passée avec une petite éclaircie pour le week-end. Après une semaine très agitée, l’USM Alger a décroché son premier succès de la saison dimanche contre le NA Hussein-Dey (3-0). Une victoire «rassurante mais insuffisante», selon Achour Djelloul, PDG du Groupe Serport et président du club. Néanmoins, ce dernier a profité d’un entretien, accordé au site sportif spécialisé La Gazette du Fennec, pour apporter des précisions sur les derniers événements qu’a connus la Direction sportive et ce divorce avec Anthar Yahia, manager général, qui semblait acté. Après coup, c’est mission réhabilitation pour le chairman du team de Soustara.

Pour lui, et il a insisté sur ça, il n’a «jamais demandé à Anthar Yahia de partir». Djelloul évoque un «temps mort» et un «break» pour évoquer ce qui ressemblait pourtant à une véritable cassure entre les deux parties. «J’ai déjà apporté mon opinion à ce sujet et éclairé l’opinion. Il n’a jamais été question de libérer Anthar Yahia. Je le répète : il n’a jamais été question de libérer Anthar Yahia. C’était un temps mort que nous devions observer pour faire l’évaluation et voir ce qui n’allait pas, ce qui allait bien et quels sont les aspects sur lesquels on devait apporter des correctifs. Certaines opinions pensaient que nous étions dans la logique de libérer Anthar Yahia», a précisé le patron du board unioniste.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la victoire contre les Nahdistes permettra de redonner un peu plus de stabilité après avoir vu le bateau tanguer d’une manière dangereuse dans l’océan des incertitudes. Djelloul pense qu’ «il faut rester absolument mesuré. C’est vrai que nous avons besoin d’un tel succès. Je dis qu’il faut rester mesuré parce que nous avons un championnat qui est long. Il demande beaucoup d’attention et de vigilance. On avait besoin de cette victoire mais on restera vigilants pour l’avenir.»

LES MALADRESSES DE YAHIA
Les divergences avec le Directeur Sportif, Anthar Yahia, semblent faire partie du passé. Pour essayer de repartir sur de bonnes bases, Djelloul a dédouané l’ancien international algérien de ce qu’on peut appeler des erreurs, notamment pour ce qui est du recrutement, en estimant que l’ex-Fennec a seulement pris quelques décisions maladroites : «Franchement, je n’aime pas tellement ce type de culpabilisation. Des erreurs, je ne pense pas. Des maladresses peut-être. Par contre, ce qui était quelque part consigné dans nos engagements, c’est le rajeunissement de l’équipe. Nous avons envisagé de rajeunir l’équipe sans faire démériter les joueurs que nous avons libérés à l’image de Meftah. Ces changements étaient dans le but d’apporter de la fraîcheur au groupe. Il y avait la nécessité de ramener des joueurs jeunes.»
Les erreurs de casting, Yahia en a commises. Et lui-même le sait très bien. Il l’a récemment reconnu en indiquant qu’il aurait «peut-être dû demander l’avis de certaines personnes qui connaissent bien le championnat algérien. Notamment d’anciens joueurs du club». Une déclaration en forme d’indice qui laisse envisager le renfort de la direction sportive des «Rouge et Noir» lors des jours à venir.

PRÉROGATIVES INTACTES, VRAIMENT ?
Yahia et Djelloul ont convenu un terrain d’entente. Les deux hommes ont aussi établi ce qu’on peut qualifier d’une communication post-crise commune avec des propos convergents : «lors de la rencontre que nous avons eue avec Yahia, nous avons mis en évidence les points forts et les points faibles du club. Nous avons jugé qu’il était nécessaire de renforcer très prochainement l’environnement du club sur le plan sportif avec l’intégration d’anciennes figures de l’USMA. Ce seront certainement des figures emblématiques», révélera le chairman de la formation algéroise. Concernant le nom de Hocine Achiou, qui circule avec insistance, il a précisé que «pour le moment, nous n’avons ciblé aucune personne.»
Est-ce que cette mesure de renforcement affectera les prérogatives du buteur historique d’Omdurman, pour Djelloul, la réponse est négative. «Non. Pas du tout. Il aura toujours les mêmes prérogatives. Mais il y aura avec lui des personnes avec lesquelles il devra composer d’une façon collégiale. Et je profite de la situation pour dire que nous n’avons jamais douté de l’engagement d’Anthar Yahia pour mener à bien le projet sportif que nous voulons mettre en place avec une démarche s’étalant sur trois années.» Si Yahia réussit à aller au bout de son bail de trois saisons, sachant qu’il a vu le vide au bout de quelques mois, ça sera un miracle. Confiance réelle ou de façade ? Les résultats en décideront et le temps nous le dira.