L’ex international algérien Karim Ziani le connaît parfaitement. Quand il avait rejoint l’Olympique Marseille, c’est lui qui en était président. C’était en 2007. Un peu plus de treize ans après, Pape Diouf n’est plus. Il a quitté ce monde mardi soir au Sénégal après avoir chopé le coronavirus à l’âge de 68 ans.

Pour un poids dans le football circus, il en est certainement un parce qu’il a connu pas mal de fonctions ayant un lien avec le sport roi. Il aura été journaliste sportif, agent de joueurs mais surtout chairman de l’Olympique Marseille entre 2005 et 2009. Diouf devenait le premier président de couleur à diriger un team français. C’était déjà une forte symbolique mais pas que. En effet, sous sa gouvernance, le sigle du Sud de la France a retrouvé de sa superbe et sa constance. Les résultats sportifs étaient réjouissants. Pour la première saison, les Marseillais terminent 5es. L’exercice d’après ils finissent dauphin. Pour l’opus 2007-2008, ils ont fermé le podium avec un certain Karim Ziani. Le Fennec avait signé là-bas et son arrivée aura été un événement permis par Diouf qui faisait rarement des erreurs de casting à ce niveau. Pour sa dernière séquence à la présidence (2008-2009), les Olympiens ont bouclé la compétition à la seconde marche. Remarquable.

Passage remarquable à l’OM
Dans les autres compétitions, il y a eu les participations en Champions League mais aussi deux finales de Coupe de France perdues contre Paris et Sochaux en 2006 et 2007 dans l’ordre. On ne peut pas dire que son passage aux affaires de l’OM ne soit pas une réussite. Un homme de conviction et de principes, il gère aussi la boite «Mondial Promotion» spécialisée dans le marketing sportif. Un domaine qu’il connaît parfaitement pour avoir géré l’image et la carrière de joueurs de renom à l’instar de Samir Nasri et le légendaire Didier Drogba. Récemment, celui qui a été distingué Chevalier de la Légion d’honneur par le président François Hollande était de passage dans un reportage sur «Canal +» qui parlait de business dans le foot et la relation étroite que lie désormais ce dernier avec le monde du rap. Il jouissait de la vie.

Un homme charismatique
Le milieu urbain, il le connaît parfaitement parce qu’il est un vrai homme du peuple et de valeurs. Lui qui est resté attaché à l’Afrique. A ce niveau, on parle de «gentlemanitude» avérée et que beaucoup lui reconnaissent. Jacques-Henri Eyraud, actuel boss du directoire phocéen, se souvient d’«un homme qui connaissait parfaitement le football et qui aimait sa ville, un homme d’une grande culture dans un milieu dont on dit souvent qu’il en est dépourvu» en ajoutant que «C’était un homme avec une telle prestance, une présence, un tel charisme.» Diouf quitte donc ce bas monde en laissant derrière lui un sacré vécu.
Il aura marqué les esprits dans un milieu de grosses gueules et de gens de caractère. Diouf lui en avait. Beaucoup. Mais c’était une force tranquille qui aura abdiqué face à la pandémie du COVID-19 un 31 mars 2020 au Sénégal. Il laissera certainement un grand vide. Paix à son âme.