Comme pour l’Europe, l’Afrique semble tentée par l’idée de substituer la Champions League par une Super Ligue. La seule différence, et elle accroît les chances de faisabilité de ce lifting, c’est que l’opération sera pilotée par la Confédération africaine de football (CAF) et non par des clubs qui ont décidé de faire cavalier seul.

Par Mohamed Touileb
Sous l’impulsion de Gianni Infantino, président de la FIFA, Patrice Motsepe, le nouveau patron de la CAF, envisage de faire une révolution pour ses tournois interclubs très prochainement. « Nous étudions et nous sommes en discussions préliminaires pour lancer une Super League africaine de la CAF qui sera inclusive, bénéfique et largement soutenue », annonce le successeur d’Ahmad Ahmad aux commandes de la structure faîtière du football en Afrique.
20 prétendants au lieu des 16 habituels
Le modèle devrait donc être calqué sur celui qui a été gelé en Europe avec 20 clubs. Certains seront permanents et d’autres seront invités. Sur notre continent, il faut savoir que les choses semblent plus figées et gérables avec des constantes de participation qui se dégagent pour des clubs comme les Egyptiens d’Al-Ahly SC et le Zamalek SC. Côté tunisien, il y a l’ES Tunis alors que du côté du Maroc on retrouve le WA Casablanca et le Raja. C’est pour ce qui s’agit de l’Afrique du Nord. Plus au Sud, on retrouve le Orlando Pirates et le Mamelodi Sundowns en Afrique du Sud, l’ASEC Mimosa (Côte d’Ivoire), le Stade Malien (Mali), Enyimba FC (Nigéria), le TP Mazembe (RD Congo) ainsi qu’Al Hilal et Al Merreikh Omdurman (Soudan). Ces teams là participent fréquemment à la phase finale qui regroupe 16 teams scindés en 4 groupes. Avec 20 participants éventuels, la compétition gagnera certainement en prestige et attirera plus les sponsors sachant la présence des plus grosses écuries continentales.

Grosses primes et gros frais
En Algérie, il y a deux équipes qui pourraient avoir une place permanente dans le challenge. Il s’agit, inévitablement, de la JS Kabylie et l’ES Sétif qui ont leurs traditions dans les épreuves interclubs de la CAF depuis des années. Surtout pour ce qui est des Canaris. Sur le plan lucratif, créer cette compétition pourrait être bénéfique. On parle d’un « prize money » total de 20 millions d’euros pour le vainqueur. Quand on sait que remporter l’actuelle Champions League CAF ne garantit que 2.5 millions d’euros de prime de victoire, il faut dire que c’est un sacré jackpot.
Toutefois, le problème majeur qui pourrait être rencontré est celui d’ordre organisationnel sachant que l’Afrique est un continent immense et qu’il faudra faire de longs déplacements dans certains cas afin d’animer les 19 éventuelles rencontres. Ajoutés à cela les frais de déplacement à couvrir par les participants.
Sachant les soucis financiers que rencontrent nos clubs, cela risque de chiffrer sérieusement. Cela pourrait pousser la CAF à étudier les finances de certaines écuries pour décider de leur éligibilité. Ce n’est pas ce qui augmentera les chances des Algériens de faire partie des plans permanents de la CAF.