Mercredi dernier, l’APS reprenait l’entretien réalisé par l’Oxford Business Group (OBG) avec le chef de l’Etat dont, le sujet principal,  cette fois, a porté essentiellement sur les questions d’économie et de développement.


Ses propos à ce sujet ont d’ailleurs semblé surprendre quand il déclaré que l’avenir de l’Algérie  « n’est pas dans le fossile », mais dans la diversification de son outil économique et industriel. « Les matières premières ne peuvent plus être la base du développement socioéconomique de l’Algérie, et même si les prix du pétrole augmentaient à l’avenir, ils ne couvriront pas tous les besoins économiques du pays», a précisé le président de la République.
Lors du Conseil des ministres du 21 mai 2014, Abdelaziz Bouteflika a pourtant instruit le gouvernement d’accorder toute l’importance à la prospection et l’exploration du potentiel schisteux national. Son ministre de l’Energie, Noureddine Boutarfa, récemment lors du dernier forum d’Abu Dhabi sur l’énergei, a estimé qu’il est impérieux pour son secteur et le pays de ne pas négliger ce grand potentiel et de veiller à ce qu’il intéresse les partenaires présents et futurs de l’Algérie dans le domaine de l’énergie fossile. L’incitation du chef de l’Etat au gouvernement de s’engager dans l’énergie non conventionnelle ainsi que l’affirmation nouvelle – et qui plus est lors du forum international sur l’énergie à Abu Dhabi- semble contradictoire avec ce qu’il a énoncé dans l’entretien qu’il a accordé au groupe britannique d’expertise. En réalité, il n’en est rien et la contradiction apparente entre les décisions prises en Conseil des ministres pour l’exploitation rapide et optimale du sous-sol algérien et la conviction affichée que le futur du pays ne s’y trouve pas traduit en vérité la séparation entre l’urgent qui ne souffre d’aucun délai et ce qui relève de l’avenir et de la manière dont il faut s’en occuper dès à présent.
La chute drastique des cours pétroliers et l’absence aujourd’hui d’une économie susceptible d’être une alternative aux hydrocarbures, non conventionnels compris, oblige le gouvernement à y recourir, considère le chef de l’Etat en pragmatique qui croit nécessaire aussi de « réagir et utiliser les stratégies nécessaires pour assurer un avenir meilleur». En cela, il rappelle dans une sorte de rappel-cadrage que le « deal » est dans la recherche d’un modèle de développement différent – déjà annoncé en de multiples occasions – et s’articulant sur les filières de l’agriculture, l’énergie renouvelable, la pétrochimie, le tourisme et l’économie du savoir ; des secteurs qu’il présente comme des « moteurs de croissance». Entre le pragmatisme et le cadrage, il valide ainsi la feuille de route suivie actuellement par l’Exécutif pour lancer ou relancer l’investissement dans les secteurs tels que l’automobile, la mécanique, la pharmacie, l’industrie de l’électroménager, l’agro-industrie, le secteur minier, etc. Il assume le reproche fait à l’Algérie en tant que lieu d’investissement difficile et appelle le gouvernement ainsi que les ministres chargés des portefeuilles économiques particulièrement à rectifier cette représentation négative : « Il est important de corriger l’image de l’Algérie à l’échelle mondiale, notamment en ce qui concerne la manière dont le pays est perçu par la communauté internationale des entreprises et des investissements », juge M. Bouteflika.
Le président de la République a affirmé que l’Algérie «croit aux vertus du pragmatisme et du bon sens et que son économie et ses lois garantissent les conditions d’un climat d’affaires gagnant-gagnant». Il a défendu la Loi de finances 2017 en déclarant que «les réformes fiscales et budgétaires favoriseront la croissance et le développement humain durable». Il a aussi promis d’autres mesures afin de favoriser le développement socio-économique, accélérer la diversification de l’économie et renforcer les programmes sociaux «sans coûts économiques supplémentaires».