En plus d’avoir réalisé de bons résultats aux Paralympiades Tokyo 2020, les paralympiques algériens ont provoqué une réaction des autorités du pays. Et ce après avoir été très mal reçus vendredi au retour du premier contingent en Algérie. Suite à ce grave et déplorable incident, le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné au Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, de mettre fin aux fonctions du Secrétaire général au ministère de la Jeunesse et des Sports ainsi que du Directeur général des sports de ce même département en plus d’ouvrir une enquête.

Par Mohamed Touileb
Pendant que le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports, Abderrezak Sebgag, animait une conférence de presse au complexe Mohamed-Boudiaf (Alger), le sort de Nassim Sbiaa (Secrétaire général) et Mohamed Djiraoui (Directeur général des sports) était déjà scellé.

Une «négligence» qui n’a que trop duré
«Suite à la négligence dans l’accomplissement des missions, à l’absence du sens des responsabilités et au manquement à l’obligation de l’accueil des athlètes, après leur participation aux jeux Paralympiques, et sur ordre du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le Premier ministre, ministre des Finances, Aïmene Benabderrahmane a mis fin, dimanche, aux fonctions du Secrétaire général du ministère de la Jeunesse et des Sports et du Directeur général des Sports du même ministère», c’est ainsi que les services du Premier Ministère ont annoncé le verdict.
Et la procédure ne devrait pas s’arrêter là puisqu’il y aura «poursuite de l’enquête afin de demander des comptes à chaque responsable impliqué dans cet incident», comme l’a assuré le libellé. Cela veut probablement dire que d’autres personnes directement impliquées dans ce grave manquement et cette impardonnable attitude envers nos sportifs devraient rendre des comptes.

La FAH concernée ?
On pense notamment aux responsables de la Fédération algérienne handisport (FAH) qui n’ont pas jugé utile de mettre un bus adapté à la disposition des athlètes. Ce qui ne coûte pas une fortune. Sur la vidéo, on voit des personnes à mobilité réduite contraintes de descendre du fauteuil roulant pour monter dans un bus japonais, la dimension des portes n’est pas spacieuse, en essayant de se hisser toutes seules sur 4 marches assez hautes. Une véritable épreuve physique qui aurait pu être évitée si des bus Etusa avaient été mobilisés.
A ce sujet, Sebgag, successeur d’un Sid-Ali Khaldi, aux rênes ministérielles sportives et de la jeunesse, s’est dit «choqué» par l’accueil réservé aux athlètes paralympiques au retour de Tokyo, samedi à l’aéroport d’Alger. «Nous avons certes un problème de moyens mais il fallait prévoir ça», a-t-il déploré. Pour que le restant de la délégation soit reçu dans de meilleures conditions, Sebgag révèle «avoir pris contact avec l’Etusa pour préparer l’arrivée des autres champions».
Ce manquement grave au protocole témoigne d’une certaine débandade. Le mot négligence est un euphémisme. En attendant, une restructuration s’impose du côté du bâtiment du 3, rue Mohamed-Belouizdad, Sidi M’hamed. Et compte tenu des échos qui nous sont parvenus, l’incompétence est à tous les échelons de l’organigramme. C’est pour dire que le mal est profond.