En Espagne, l’un des pays les plus touchés par la propagation du coronavirus, le sport est à l’arrêt. Y a-t-il des chances pour que la Liga aille au bout ? Pour le très controversé Javier Tebas, président de Ligue de football, terminer la saison est une nécessité. Surtout quand il considère les pertes faramineuses qu’une annulation pourrait causer.

Après 27 journées, la Liga s’était arrêtée. Le dernier match s’était joué le 10 mars dernier. Il avait opposé Eibar à la Real Sociedad. Au terme de ce round, le FC Barcelone avait réussi à repasser devant le Real Madrid pour compter deux points d’avance. La rivalité entre les deux a dû être mise en veille. Provisoirement ou pour de bon pour cet exercice ? Telle est la question.
Pour Javier Tebas, patron de la Liga de Fútbol Profesional (LFP), il y a une certitude : le championnat d’Espagne reprendra. Il n’est pas question de saison blanche dans ses plans. Et c’est les considérations économiques qui le font penser ainsi. S’il dispose de «beaucoup d’éventualités sur la table», il n’est pas question de gel définitif de l’opus 2019-2020 selon lui. «Nous étudions différents scénarios, avec différentes dates de redémarrage, à huis clos ou pas, mais ce n’est pas une option de penser que l’on ne va pas rejouer», a-t-il assuré dans une visioconférence, tenue mardi matin, avec des journalistes européens. Aussi, l’homme fort de la balle ronde ibérique s’est dit «persuadé que les Championnats nationaux et les compétitions européennes pourront être achevés.»
Pertes colossales et effet domino
Et pour donner de l’épaisseur à ces intentions et prouver son optimisme, Tebas a même avancé des dates. «Nous envisageons de rejouer, en Espagne et dans d’autres pays européens, le 29 mai ou, alternativement, le 6 juin ou le 28 juin. Si nous commençons la Liga le 28 mai, la Ligue des champions serait en juillet. Si nous commençons le 6 juin, toutes les compétitions se joueraient ensemble jusqu’au 31 juillet. Et si nous commençons le 28 juin, juillet serait pour la Liga et août pour la Ligue des champions», prévoit-il.
Cette envie de montrer que la préoccupation n’a pas vraiment de place dans ses plans à court terme cache une sérieuse crainte. En effet, économiquement, cette pause brusque pour le de football en raison de la pandémie du coronavirus a enrhumé les caisses des clubs. «Cela nous coûterait 1 milliard d’euros s’il y avait une annulation de la fin de saison. Le coût serait de 350 millions d’euros en cas de matches à huis clos et tout de même de 150 millions d’euros si l’on joue avec des spectateurs», énumère le boss de la LFP espagnole.
En parlant de l’aspect lucratif, Tebas n’a pas voulu renoncer à son attachement au fameux. fair-play financier. Cette dernière loi doit continuer à être rigoureusment appliquée. Et ce, en dépit du contexte sanitaire particulier qui pourrait augmente le déficit chez certaines franchises. «La position des ligues européennes est que le fair-play financier doit continuer. Sinon, on aurait des clubs qui ne paieraient plus leurs dettes, avec un effet domino catastrophique pour tout le football européen», avertit-il. Surseoir à ça pour atténuer la pression sur les trésoreries des équipes pourrait, d’après lui, s’avérer fatal dans le temps.