Décidément, Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), ne pourra, sans surprise, pas compter sur le soutien de son homologue Abdelkrim Medouar de la Ligue de football professionnel (LFP). Même si le patron de la FAF essaie d’obtenir une décision « consensuelle » pour le sort du championnat, celui de la LFP n’est pas particulièrement emballé par la consultation. Il l’a même discréditée en la jugeant non-réglementaire. C’est la même approche qu’a eu le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Medouar a clairement choisi son camp.

La consultation sur terrain, c’est ce qu’avait fait Medouar au mois de juin dernier. Mais sa tournée et ses réunions régionales avec les présidents des 32 clubs animant la Ligue 1 et Ligue 2 n’ont pas permis de savoir assez sur la tendance pour ce qui est du sort à réserver à la saison footballistique 2019-2020 gelée depuis la mi-mars dernier.
« Au niveau de la LFP, nous étions les premiers à opter pour la consultation, à travers nos rencontres régionales avec les responsables des clubs professionnels », a rappelé le boss de la LFP non sans regretter que les alternatives soumises par son instance après ses réunions « n’ont pas été prises en considération. Je tiens par l’occasion à remettre en cause les propos du secrétaire général de la FAF (Mohamed Saâd, ndlr), ce dernier a indiqué que nous n’avons rien proposé, alors que c’est faux. Avec tout le respect que je lui dois, ses déclarations sont fausses.» La concertation entre les deux structures ne semble pas être leur fort.

Virage à 180 degrés
Par ailleurs, l’homme fort de l’organe qui gère le championnat Dz avec ses deux paliers pro a laissé entendre qu’il avait insisté, « il y a plusieurs semaines sur la nécessité de mettre un terme à la saison 2019-2020, au vu de la crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19. J’avais clairement signifié que l’annulation de l’exercice ne sera pas lourde de conséquences. Malheureusement, mes propos n’ont jamais été entendus, contrairement à d’autres parties.» Pas complètement vrai. En effet, Medouar avait, dans un premier temps, montré beaucoup de détermination pour mener à terme la séquence 2019-2020 « même si on devra reprendre au mois de novembre.» Le revirement est là. L’évolution négative de la situation sanitaire liée à la Covid-19 serait une justification recevable pour certains. Pour d’autres, ce faux bond aurait des motivations politiques et électorales.
Quand on considère la relation tendue qu’entretiennent la FAF et la LFP depuis un certain temps, cette dernière hypothèse devient crédible. Surtout que l’intervention de Medouar sur la radio nationale vendredi matin a semblé assez offensive à l’égard de ceux qui gèrent la balle ronde nationale depuis le siège de Dely Brahim. Sinon, comment expliquer le fait que, lui aussi, juge que « la consultation écrite n’a aucune base sur le plan réglementaire » ?

Consultation fléchée
Medouar est allé plus loin. Il a ajouté une couche en disant ne pas comprendre « pourquoi la FAF insiste à tenir une assemblée générale pour décider du sort du championnat » sachant que « le Bureau fédéral a toutes les prérogatives (article 82 des statuts, ndlr) pour prendre des décisions, mais il n’a pas assumé ses responsabilités.» Il faut reconnaître que Zetchi et son Bureau auraient pu faire valoir cette carte. Mais les réactions et le bazar qu’une décision unilatérale aurait provoqués les a certainement refroidis et contraints de recueillir l’avis écrit de l’assemblée.
Ce vote auprès des quelque 120 membres de l’AG serait joué d’avance selon Medouar. « A mon avis, la tendance va pour le choix d’une accession sans relégation, qui va dans l’intérêt de la majorité des clubs. Je trouve que cela est logique. Chaque président de club cherche l’intérêt de son équipe, alors qu’il fallait à la FAF de privilégier l’intérêt général », prévoit-il. Etant donné que cette « prospection » est fléchée pour forcer le passage à 20 clubs en Ligue 1 et 2 groupes de 18 en Ligue 2, ses propos tiennent la route.
Parmi les suffrages, la LFP, qui est « une instance très importante » selon son premier responsable, n’aura, à l’instar des autres Ligues (régionales et de wilayas), qu’un seul « bulletin ». Et Medouar estime cela « insuffisant.» Le Chélifien veut plus de pouvoir et d’influence. Lorgne-t-il sur le fauteuil de la FAF ou veux-t-il juste la tête de Zetchi parce que cela pourrait lui dégager la voie pour faire un autre mandat à la LFP ? L’avenir proche nous le dira. Surtout que les résultats de la consultation controversée sera rendu mercredi prochain par le BF. n