A l’approche de la fin des mandats présidentiels dans les différentes instances, il y a comme une redistribution des cartes. Le football polarise l’attention. Abdelkrim Medouar, patron de la Ligue de football professionnel (LFP), et Kheireddine Zetchi, bosse de la Fédération algérienne de football (FAF), semblent avoir des avis contraires dans un moment charnière et crucial pour ce qui est du devenir du championnat Dz. Et qui dit « divergence » dit – éventuellement- opposition. Lecture.

L’avenir de la saison footballistique 2019-2020 a, vraisemblablement, mis à nue le conflit entre Medouar et Zetchi qui ont toujours essayé de laisser transparaître que leur relation était au beau fixe. Mais voilà que le sort, dont la suite est grandement menacée par la pandémie du Coronavirus, de l’exercice en cours donne de l’épaisseur à l’hypothèse du désaccord entre les deux hommes.
Pourtant, au début, Medouar tenait à ce que la compétition reprenne quelles que soient les circonstances. « Il n’est pas question d’arrêter le championnat et qu’il compte aller au terme de l’exercice 2019-2020. Même si cela se fera en novembre », avait-il laissé entendre début mai. Peu après, sa posture a étrangement changé. Il est passé de la résistance à l’abdication.

Revirement intrigant
Le successeur de Mahfoud Kerbadj a récemment indiqué que « personnellement, je pense que nous ne pouvons pas reprendre la compétition, il sera très difficile aux clubs de respecter les mesures de prévention et le protocole sanitaire. » Il a aussi relevé que « nous n’avons pas les moyens des pays européens pour rejouer au football, des centaines de millions d’euros ont été déboursés en Europe pour reprendre, et la santé du citoyen doit primer avant toute autre chose.» Une sortie médiatique faite quelques heures seulement avant que Zetchi ne s’entretienne avec Sid-Ali Khaldi, ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS). Le propriétaire du Paradou ACa fait savoir au représentant de la tutelle que la structure fédérale est en train d’élaborer un plan de relance car elle ne comptait pas vraiment décider d’une saison blanche.
Le timing et les deux conceptions qui s’apposent laissent clairement croire que les deux hommes forts de la balle ronde Dz ne se sont pas concertés. S’il n’y a pas d’échange c’est que le courant ne passe pas vraiment. De surcroît, Medouar n’a pas manqué de préciser que « la décision de reprendre ou non relève exclusivement des autorités représentées, essentiellement par le MJS et le ministère de la santé, et nous ne devons négliger aucun détail dans ce genre d’affaire sensible, le football n’est qu’un sport.» A ces yeux, la FAF n’existe pas. Zapping révélateur.

Divergences et cassure consommée
La communication est quelque peu taciturne et frontale par rapport à Zetchi et la FAF. Pourtant, la LFP n’a que deux championnats à gérer alors que la structure fédérale a un total de 8 paliers dans son agenda de gestion qu’il faudra terminer afin que cela n’altère pas les prévisions organisationnelles du décideur numéro 1 au siège de Delly Brahim. D’autant plus qu’il comptait mettre en application la nouvelle pyramide du football national dès la séquence à 2020-2021.
Des plans qui risquent fortement d’être contrariés par deux choses : la saison blanche et la nouvelle directive du MJS interdisant formellement de procéder à la moindre modification dans les règlements intérieurs et des systèmes de compétition des assemblées générales électives. Ainsi, le revirement de Medouar suscite des interrogations. Beaucoup pensent qu’il fait partie des leviers activés par Mohamed Raouraoua qui aimerait placer un de ses proches collaborateurs à la tête du sport roi en Algérie. Les noms de Djahid Zefzaf et Walid Sadi ont notamment circulé.
Cette prise de position brutale et sans communication avec son homologue qui trône à l’instance footballistique suprême veut, peut-être, dire que l’ancien chairman de l’ASO Chlef a déjà choisi son camp pour l’avenir. Et il ne serait pas prêt à collaborer avec Zetchi. Dans tous les cas, les deux hommes ne sont pas certains d’être réélus… dans le cas où ils brigueront un autre mandat. Eventualité plus probable pour l’homme fort de la FAF que celui de la LFP. n