Le président de la Forem Mustpha Khiati a réagi à la décision prise par le Conseil des ministres, dimanche 30 août, de durcir l’arsenal répressif contre les bandes armées et l’usage d’armes blanches. Ce médecin et militant associatif juge que la loi, bientôt promulguée par le ministère de la Justice, est «judicieuse». Elle «contribuera inéluctablement à la réduction d’un phénomène qui a pris de l’ampleur durant ces dernières années et constitue une grande menace pour la sécurité des personnes et des biens», a-t-il dit. Il s’agit, selon lui, d’une mesure «nécessaire en réponse à une revendication de la population face à des groupes de malfaiteurs dont les délits et les crimes» saturent «la chronique judicaire et médiatique». De la même façon, Mustapha Khiati considère que la décision du Conseil des ministres de soutenir le ministre de la Justice, M. Zeghmati, de faire voter une loi plus dissuasive et répressive des violences perpétrées par les bandes dans les quartiers et les cités signale également «l’échec des associations à mener correctement leur mission de sensibilisation et de lutte contre les maux sociaux». «Des associations de quartier n’ont malheureusement pas pu faire face à ce phénomène essentiellement urbain, et des scènes de violences se produisent au quotidien», affirme M. Khiati. Il ajoute que «le crime est devenu banal et chaque jour se produit une scène de violence», notamment dans les nouveaux grands ensembles urbains. «Signe, d’après lui, que les associations sont mises en demeure de faire un meilleur travail à l’avenir». Selon le président de la Forem, la nouvelle loi constituera cependant une «arme judiciaire» pour les associations afin de mieux lutter sur le terrain contre ces violences d’autant que le chef de l’Etat souhaite leur contribution contre ce phénomène. Il note cependant que le succès de cette lutte dépendra «certainement» des résultats obtenus contre «le commerce et l’usage des stupéfiants chez les jeunes et moins jeunes». M. Khiati souligne que «sur la base de toutes les études effectuées sur les violences en milieu urbain par des bandes organisées, la circulation et la consommation massive de drogue agissent comme agent amplificateur».
Il s’agit, d’après lui, d’intervenir pour «neutraliser les dealers des produits psychotropes» afin d’obtenir «en aval» de «meilleurs résultats dans la sécurisation de l’espace public dans les cités» devenues criminogènes «par la déperdition scolaire, l’oisiveté, le chômage et la consommation de drogue». Des milliers de jeunes de moins de 18 ans sont présentés annuellement devant la justice pour des délits de consommation ou de vente de drogue, souligne le président de la Forem. «Je pense que la toxicomanie et la consommation de drogue sont la principale raison de la violence qui se propage dans nos villes», poursuit-il.
Pour rappel, le ministre de la Justice a été instruit de mettre en place des mécanismes de lutte contre le phénomène des bandes criminelles de quartier. Il s’agit notamment de peines d’emprisonnement allant de 5 ans à la perpétuité pour les cas d’homicide, d’amendes allant jusqu’à 2 millions de dinars, d’interdire l’importation, la vente, la possession, l’utilisation ou la fabrication d’armes blanches, sabres et poignards, d’exclure les personnes condamnées des procédures de grâce. n