Après avoir contraint la Confédération africaine de football (CAF) à réajuster le calendrier de la Coupe d’Afrique des nations 2021, la FIFA semble vouloir, indirectement, faire un lifting pour le calendrier de la compétition phare au continent. En effet, hier, Gianni Infantino, patron de la structure internationale, a émis, depuis le Maroc, le désir de voir le tournoi africain se dérouler tous les 4 ans au lieu de rester biennal. Et quand la FIFA suggère, cela peut s’apparenter à une injonction.

Depuis sa création et la première édition qui s’était déroulée au Soudan en 1957, la CAN est un tournoi qui se tient une fois toutes les deux années. Exceptées les fois où il y a le passage des années paires à celles impaires.
Mais il se pourrait que cet intervalle temps connaisse un changement pour les prochaines séquences. On ne sait pas quand, mais il y a des éléments qui prêtent à croire que la CAF sera contrainte de s’« adapter » (ou plutôt se soumettre?) à un footbusiness qui semble profiter exclusivement au Vieux Continent. En tout cas, pour l’édition 2021 qu’abritera, si tout se passe bien, le Cameroun, il a été décidé de réajuster l’agenda sportif en avançant l’épreuve pour l’hiver de la même année (9 janvier au 6 février) au lieu de la disputer en été. Pour le motif officiel de cette décision, on a avancé des arguments climatiques en justifiant qu’il s’agit « de la saison des pluies dans cette région du continent.» Toutefois, la vraie raison reste cette Coupe du Monde des clubs FIFA « new look » programmée, dans sa première cuvée, entre le 17 juin et le 4 juillet 2021. La « reine africaine » a dû s’évincer pour laisser le « Mundialito » lui voler la vedette.

Le commercial avant le spectacle
L’argent décide de tout. Plus de matchs et plus de gains pour un sport  qui rapporte beaucoup. Ainsi, la FIFA axe tout sur l’aspect économique. Les gains générés mesurent l’importance de l’événement.
D’ailleurs, c’est sur ce volet qu’Infantino a insisté pour contester la « biennalité » de la CAN : « la Coupe d’Afrique génère aujourd’hui 20 fois moins que le Championnat d’Europe des nations et en matière d’infrastructures, je n’ai jamais vu lors de mes voyages des stades modernes. Il ne faut pas attendre une CAN pour construire un stade, il faut le faire et on va aider l’Afrique sur ce point », a-t-il estimé lors de son intervention à l’occasion du séminaire sur le développement des infrastructures footballistiques dans le continent africain organisé à Rabat (Maroc).
Pour le successeur de Sepp Blatter, faire jouer cette compétition une fois par 4 ans va « la rendre plus commercialement viable et attrayante à l’échelle mondiale.» Aussi, l’Italo-Suisse a révélé que son institution compte aider l’Afrique pour moderniser la discipline. Notamment sur le plan des infrastructures et le développement de l’arbitrage ainsi que les autres compétitions au continent.

Trois Copa América en 4 ans
L’ex secrétaire général de l’UEFA a révélé que « la FIFA versera 1 milliard d’euros pour que chaque pays africain puisse se doter d’un stade de classe internationale. En ce qui concerne la bonne gouvernance, il y a du travail à faire. Nous l’avons effectué à la FIFA et nous essayons de faire la même chose à la CAF. On vient tout juste de commencer », non sans jouer sur l’affect en disant que « Les passionnés de football en Afrique attendent beaucoup de choses. Il faut savoir qu’on gère leurs sentiments et on ne peut pas les décevoir.»
Des propos qui peuvent laisser croire que la puissante FIFA essaie d’ « acheter » l’accord de l’Afrique pour qu’elle se contente d’une CAN quadriennalle. Requête que la Fédération planétaire n’a jamais envoyée à la CONMEBOL par exemple pour l’interpeller sur l’organisation de la Copa America trois fois en 4 ans (2015, 2016 et 2019).
Après, c’est vrai que là où il y a Lionel Messi, la Coupe devient inévitablement « bankable ». Surtout quand c’est une période creuse dans l’agenda de la FIFA. Pas de quoi se plaindre.n