Par Mohamed Touileb
Au milieu du brasier, Gianni Infantino, président de la FIFA n’a pas hésité à se mouiller. Même s’il n’était pas là quand la Coupe du Monde 2022 a été attribuée au Qatar en 2012, le patron de l’instance qui régit le foot mondial, a sorti un discours à la foi diplomatique mais ferme. Pour l’ancien secrétaire général de l’UEFA, la Coupe du Monde est avant tout un événement qui doit mettre en avant le sport sans s’attarder sur d’autres considérations.
Le mot est tout trouvé : Hypocrisie. L’Italo-Suisse l’a dit pour dénoncer certaines pratiques contradictoires et qui dépendent de l’identité de l’adversaire. «Ces leçons de morale, biaisées, sont juste de l’hypocrisie», a asséné celui qui se présente comme l’unique candidat à sa succession en 2023.

Pour les amnésiques
Aux yeux de l’ancien bras droit de Michel Platini à l’UEFA, l’acharnement occidental est condamnable. Et il n’a pas franchement lieu d’être pour ceux qui ne souffrent pas d’amnésie. «Pour tout ce que nous, les Européens, avons fait pendant 3.000 ans, nous devrions nous excuser pendant les 3.000 prochaines années avant de commencer à donner des leçons de morale aux gens», a rappelé Infantino.
Et quand il a commenté le sujet sur la situation des travailleurs migrants, le successeur de Blatter a souligné que «parmi les grandes entreprises qui gagnent des milliards au Qatar, combien ont réglé la question du sort des travailleurs migrants ? Aucune, parce qu’un changement de législation veut dire moins de profits». Il ajoutera «mais nous, nous l’avons fait. Pourquoi personne ne reconnaît ces progrès ?».

Des vérités qui font mal
Dans la foulée de ces déclarations, certains canaux médiatiques ont estimé que le boss de la balle ronde mondial «a tenu un discours lunaire». Juste parce que ce qui est sorti de sa bouche va à l’encontre des idées et idéaux de l’Occident qui a, pour une fois, trouvé un adversaire puissant à l’Orient.
Inévitablement, il y aura ceux qui penseront que les Qataris ont «acheté» le soutien d’Infantino comme ils achèteraient les «faux supporters» et les technologies pour construire des stades de haut standing. Ces raccourcis sont toujours pris avec les clichés sur les Cheikhs qui ont le chèque «facile». Mais il est attendu que le Qatar mette la barre tellement haut pour la Coupe du Monde que l’imiter dans l’avenir sera difficile.