L’Afrique a souvent pesé pour la désignation du patron de la FIFA. D’ailleurs, lors de son élection, Gianni Infantino, actuel président de l’instance mondiale, a pu compter sur l’apport de la zone CAF pour sortir vainqueur des élections. A partir de là, il essaye de mettre un homme de main à la tête de la structure continentale. Le choix s’est porté sur le Sud-africain Patrice Motsepe en lice avec trois autres candidats au poste. Ces derniers auront leurs parts du gâteau…

C’est lundi dernier que les jeux se seraient faits. Une répartition des rôles décidée par Infantino qui semble satisfaire les quatre prétendants à la succession d’Ahmad Ahmad. Ainsi, Patrice Motsepe deviendra le boss de la CAF alors que les trois autres « adversaires » épauleront le milliardaire durant son mandat.
A Rabat (Maroc), en présence de Fouzi Lekjaâ, la répartition des rôles s’est faite sans même attendre l’issue des élections confédérales prévues pour le 12 du mois en cours à… Rabat. Ce qui a été décidé à l’issue de cette entrevue n’était, selon toute vraisemblance, qu’une répétition pour ce qui va se passer dans 5 jours.

Le plan se déroule comme prévu
Il a été convenu que le Sénégalais Augustin Senghor soit nommé premier vice-président et le Mauritanien Ahmed Yahya, 2e vice-président. Quant à l’Ivoirien Jacques Anouma, il sera nommé Conseiller spécial du président tout en gardant son statut d’ambassadeur de la FIFA.
Vendredi, ce dernier a même expliqué, dans un communiqué, avoir « décidé d’accepter la proposition consensuelle qui nous a été soumise par la [Fédération internationale de football], le Maroc et l’Égypte, cela au nom de l’intérêt supérieur de l’unité du football africain » non sans se dire «choqué. On met plus en avant une distribution de postes qu’un accord pour aller vers l’unité.
On a l’impression qu’on a sacrifié l’Afrique sur l’autel de nos ambitions personnelles. Si ma base et les autorités me disent «cela ne nous intéresse pas, allons à des élections», je ne fuirais pas mes responsabilités.»
Un petit vent de rébellion temporaire. En effet, l’Ivoirien a fini par renoncer à sa postulation tout comme le Sénégalais Augustin Senghor. Décisions qui viennent clairement dégager la voie pour Motsepe comme l’avait « recommandé » Infantino.
Elections de la FIFA, l’autre enjeu
Accusé de s’être ingéré dans les affaires de la balle ronde en Afrique, le successeur de Sepp Blatter a argué que « c’est un processus démocratique [à la CAF, Ndlr]. […] Ce n’est un secret pour personne que la CAF a traversé des moments difficiles récemment, c’était donc l’occasion de parler avec tout le monde pour essayer d’aider le football africain.» En « aidant », l’ancien Secrétaire général de l’UEFA attendra certainement qu’on lui rende la pareille pour sa reconduction imminente aux commandes de la FIFA. En pipant les dés de la CAF, Infantino peut espérer le soutien des 54 fédérations de l’Afrique après vassalisation des « gros bonnets ». Toutefois, le fait que trois des candidats font partie de la zone Ouest peut causer des fissures au sein même de la CAF tant le pouvoir décisionnaire direct donne l’impression de ne concerner qu’une seule partie. Ce qui pourrait fausser les plans d’Infantino… n