Du temps où Kheireddine Zetchi était président de la Fédération algérienne de football (FAF) son homologue français, Noël Le Graët, voulait organiser le match Algérie – France. Si Zetchi n’a pas été reconduit à la tête de l’instance footballistique nationale (FAF), le patron de la Fédération française de football (FFF) campe sur sa position et son désir d’animer cette rencontre hautement symbolique. Et il veut que ce soit en Algérie.

Par Mohamed Touileb
En octobre 2019, quand l’Algérie avait affronté la Colombie à Lille (France) en amical, Zetchi s’était entretenu avec son homologue Le Graët. L’ancien boss de la FAF avait parlé d’un France – Algérie qui serait organisé dans un « futur proche ». L’éventuelle date d’octobre 2020 était même évoquée. La volonté était là. Les deux parties souhaitaient que les deux sélections s’affrontent. Etait alors survenue cette pandémie de COVID-19 qui a tout chamboulé.

« Ce serait un signe fort »
Cependant, ce n’est pas juste le Coronavirus qui empêche l’organisation de cette empoignade entre les champions du monde et les champions d’Afrique. Dans une interview accordée au magazine français « So Foot », Noël Le Graët a de nouveau évoqué ce match en indiquant que des paramètres politiques empêchent sa tenue. « J’ai envie d’aller jouer en Algérie parce que ce serait un signe fort. Je vais en Algérie souvent, et là-bas, sur les écrans, ils regardent les matchs de notre championnat. Les faire venir ici, c’est facile, n’importe où. Je trouve que c’est difficile, non pas d’avoir un refus permanent, mais de ne pas pouvoir aller jouer au foot. Les faire venir à Paris, aucun problème, on remplit le Stade de France, on se fait du fric, ce n’est pas le problème. Mais j’ai envie de jouer là-bas », explique celui qui a été reconduit pour gérer les affaire de la balle ronde en France.
Le sport d’abord, la politique après
Le Graët a aussi regretté le fait que l’Algérie soit «le seul pays du monde qu’on ne peut pas rencontrer. J’ai reçu Gianni Infantino hier ou avant-hier, on en a reparlé, on ira peut-être là-bas ensemble un de ces jours, pour voir plutôt le côté politique et sécurité.
Mais oui, j’aimerais bien faire ce match.» L’idée obsède clairement l’homme de 80 ans qui pense que « malgré tout, la France est aimée là-bas. Au niveau politique, il y a effectivement des difficultés entre les deux pays. Mais le sport, et surtout le foot, peut arranger les choses.»
Le sport mis en avant pour une explication qui aura, quoi que l’on dise, une dominante politique compte-tenu de l’histoire entre les deux pays. Les deux sélections s’étaient déjà affrontées il y a 18 ans mais la partie n’était pas allée à son terme car interrompu à 15 minutes de la fin après un envahissement de terrain au stade Saint-Denis. C’était le 6 octobre 2001. C’était il y a presque 20 ans.