C’est le résultat du matraquage médiatique incessant. A un moment donné, le cumul mène à l’explosion. Et c’est ce qui s’est produit, lundi soir aux abords du stade 974 après le match Brésil-Corée du Sud en 1/8 de finale de Coupe du monde 2022 au Qatar. En effet, Samuel Eto’o, président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), n’a pas trop aimé qu’un vlogueur algérien lui reproche d’avoir acheté Bakary Gassama, l‘arbitre du désormais fameux Algérie-Cameroun. Cette énième accusation l’a poussé à agresser le Dz.

Par Mohamed Touileb
L’attitude est abjecte. Elle reste hautement condamnable. Peu importe la raison. Mais, il faut savoir que cette bagarre à Doha (Qatar) a semblé presque inévitable tant l’affaire Gassama a pris, pendant des mois, des proportions démesurées.

Rien ne justifie l’agression physique
Les séquelles du duel entre l’Algérie et le Cameroun, dirigé par le referee gambien, le 29 mars dernier, dans le cadre du barrage ‘’retour‘’ des éliminatoires de la CDM, sont toujours là. Et il sera difficile d’enterrer définitivement cette affaire. Bien que la campagne au Mondial des Camerounais ait déjà pris fin après le premier tour seulement, les démons sont toujours présents. Surtout quand on sait que du côté algérien la frustration d’avoir raté la qualif’ à la messe planétaire reste difficile à digérer.
En tout cas, les images du coup de sang d’Eto’o ont fait un sacré buzz sur les réseaux sociaux. Des médias du monde entier les ont reprises compte tenu de la gravité des faits et la renommée de la personne impliquée. Au début, l’ancien pensionnaire du FC Barcelone était entouré de personnes qui voulaient le prendre en photo. Et puis, il y a eu ce premier accrochage verbal avec le vis-à-vis algérien.
Passablement énervé, le buteur historique des «Lions Indomptables» reviendra à la charge et poussera le YouTubeur algérien. Une fois à terre, il voulait lui mettre des coups de pied. La raison de ce dérapage est que le supporteur de l’EN a trop insisté sur l’épisode Gassama en accusant ouvertement Eto’o d’avoir arrangé la partie en soudoyant le referee gambien.

Sanction légère et appel de l’agressé
Après cet incident, les deux personnes ont été conduites au commissariat. Depuis le poste de police, la «victime» a fait une vidéo. «Je me suis approché de lui et je lui ai demandé ‘c’est comment l’histoire avec Gassama et les pots-de-vin que vous avez donnés ?’. Puis, je me suis retrouvé à terre avec mon matériel de travail cassé», détaille Sadouni SM (soit Saïd Mamouni). C’est son nom d’utilisateur sur la plateforme. Dans la foulée, il précise : «Je fais cette vidéo et j’espère qu’elle parviendra à un haut responsable dans notre pays. On ne sait pas vraiment quelle tournure prendra cette histoire même si je sais que le Qatar est un pays de droit. Je tiens à préciser que j’ai fait ça pour l’Algérie.» Cet épisode ne devrait pas être sans conséquences. Les décideurs du pays pourraient intervenir directement dans cette affaire puisqu’il s’agit d’un ressortissant algérien qui a été lynché par une personne de notoriété. Il faudrait qu’il obtienne gain de cause puisque le seul délit qu’il aurait commis était de dire le fond de sa pensée afin d’évacuer une frustration. La même qui perdure chez certains de ses compatriotes. C’est l’autre match. En tout cas, selon la loi en vigueur au Qatar, Eto’o devrait écoper de 500 riyals (150 euros) d’amende seulement puisque la victime n’a pas eu de blessures graves. En effet, le code pénal, dans son alinéa 308, stipule que «quiconque commet une agression entraînant un handicap ou une incapacité de travail de plus de 20 jours est puni d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et d’une amende de 10 000 riyals (2 615 euros).