Au moins, il a le mérite d’être sincère et de ne pas tomber dans le populisme qui donne
de faux espoirs. Après une première couche jeudi dernier lors de la conférence de presse dans laquelle il annonçait son départ de la présidence de la Fédération algérienne de football (FAF), Charaf-Eddine Amara a repassé le rouleau mardi. Pour lui, il ne faut nullement s’attendre à ce que le recours interjeté par la FAF sur l’arbitrage de Bakary Gassama lors d’Algérie – Cameroun donne lieu à une décision pour faire rejouer la partie.
Clair, net et précis.

Par Mohamed Touileb
Dans la tête du patron démissionnaire de la FAF, il faut passer à autre chose. Et ce, même si son l’instance fédérale a informé, avant-hier soir, dans un communiqué que « la réclamation qu’elle a introduit auprès de la FIFA sera soumise à la Commission de discipline pour examen et décision le 21 avril 2022 » non sans rappeler que « cette réclamation concerne le match-retour des barrages de la Coupe du monde – Qatar 2022 ayant opposé l’Algérie au Cameroun le 29 mars dernier à Blida ».

« On ne veut pas donner de faux espoirs »
Toutefois, ce que cette note ne dit pas c’est que cette requête sera traitée avec d’autres similaires envoyées par les instances égyptienne, Nigériane et marocaine pour les matchs Sénégal – Egypte, Ghana- Nigéria et RD Congo – Maroc. Ainsi, les verdicts que prononcera la FIFA seront d’ordre purement disciplinaire avec d’éventuelles sanctions à l’endroit des coupables. Mais elles ne remettront, en aucun cas, le résultat technique des rencontres avec les issues qu’on connaît tous. En tout cas, le successeur de Kheireddine Zetchi a été on ne peut plus clair concernant le fondé de la requête. « Au risque de me répéter, je préfère être sincère. Notre plainte porte sur des décisions arbitrales qui ont eu une incidence directe sur le résultat de la rencontre. On ne veut pas donner de faux espoirs au peuple algérien », prévient-il.

L’enjeu interne
En outre, le PDG de Madar Holding n’a pas manqué de rappeler que « le football algérien ne dépend pas uniquement du seul résultat d’une rencontre. On a besoin de revoir tout le système ». Pour avoir exercé en interne à la FAF depuis avril 2021, cet avocat a une idée concrète sur les pratiques scabreuses qui caractérisent la balle ronde Dz et qui la rongent de l’intérieur. D’ailleurs, il a dû se rétracter après avoir annoncé sa démission après avoir constaté que des membres de son Bureau Fédéral ont essayé de le court-circuiter et se replacer dès qu’il a annoncé qu’il était partant de la tête de la structure footballistique. Les Benhamza, Bahloul et Aïssaoui lorgnent sur le fauteuil de président.
Et Amara veut leur barrer la route. Il n’a pas voulu passer le pouvoir à l’illustre Mohamed Maouche (86 ans) en tant que Premier vice-président. La crainte de le voir être manipulé par le trio a fait qu’il se résolve à rester et gérer les affaires courantes lui-même jusqu’à la tenue de nouvelles élections. C’est juste pour avoir un aperçu sur l’ambiance qui règne au sein de la FAF qui est en train d’imploser après la non-qualification de l’équipe nationale pour le prochain Mondial.