L’Assemblée générale élective, programmée pour mars prochain, de la Fédération algérienne de football (FAF) approche à grands pas et Kheieddine Zetchi, président de l’instance, semble mal-parti pour être réélu. Sa relation avec les pouvoirs publics et les campagnes de déstabilisation lancées par ses détracteurs peuvent porter préjudice à ses ambitions de reconduction.

Au sortir d’un quadriennat marqué essentiellement par le sacre de l’équipe nationale lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte, Zetchi n’est pas certain de rester en poste pour quatre autres années. Rattrapé notamment par la manière avec laquelle il a été parachuté au sommet de la structure fédérale au détriment d’un Raouraoua chassé de son poste, le propriétaire du Paradou AC est taxé de bras droit des anciens décideurs au sommet de l’Etat.
Dans une «logique» de renouvellement des visages des instances sportives et politiques, Zetchi est, bien évidemment, fiché persona non grata. A partir de là, il devient une cible pour tous ceux qui ambitionnent à l’évincer de son fauteuil de président. Dans cette bataille sans merci, il ne paraît pas en mesure de compter sur le soutien du Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) qui ne donne pas l’impression d’être enclin à lui donner sa bénédiction pour rester au sommet de la FAF.

Le souhait du coach non exaucé ?
Pourtant, Djamel Belmadi, sélectionneur national, a essayé de se montrer persuasif la dernière fois qu’il a rencontré Sid-Ali Khaldi, qui chapeaute le MJS. Ce dernier avait, en compagnie de Abdelaziz Djerad, rendu visite à l’EN lors du dernier stage en novembre écoulé. A un moment donné, le driver des «Fennecs» a clairement signifié à Khaldi qu’il souhaitait que la collaboration avec Zetchi se prolonge en lui glissant que «la stabilité est importante à tous les niveaux.»
En d’autres termes, Belmadi avait bon espoir que les décideurs changent de posture par rapport au boss du siège de Dely Brahim qui savait déjà qu’il était dans le collimateur du MJS. Et ce, depuis que Khaldi a été désigné aux commandes de la tutelle. Entre ces deux-là, il n’y a jamais eu de bon feeling. Pour preuve, la mise en conformité des statuts de la FAF avec ceux de la FIFA avait été bloquée par le MJS qui n’a pas autorisé la FAF à tenir une Assemblée générale (AGO) pour des modifications statutaires.
Du côté de la bâtisse sise à la Place 1er Mai (Alger), on a fait circuler une note, destinées aux différentes fédérations, interdisant «formellement la moindre modification dans leurs statuts, règlements généraux et règlements intérieurs à l’approche des assemblées générales électives» comme stipulé par la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives et applique le décret exécutif 14-330.

Forcing et faiblesse
Cette décision est peu anodine parce que Zetchi pensait avoir trouvé des subterfuges d’éligibilité pour sécuriser son trône et faire avorter les ambitions de ses détracteurs. Seulement, il lui restait à introduire ces exigences dans la réglementation de la FAF. Pour cela, il fallait tenir une AGEx et le MJS ne lui a pas donné la main. D’autant plus qu’il se murmurait déjà que l’approbation des critères pour candidater allait être glissée dans l’ordre du jour d’une AG Ordinaire. Manœuvre qui serait même contraire à l’article 29.6 des statuts de la FAF.
Ces tentatives, à la fois désespérées et antiréglementaires, prouvent que Zetchi est en train de tenter le tout pour le tout afin de poursuivre ce qu’il a entrepris en 2017. Walid Sadi, qui sera candidat à la présidence, a même appelé, dans une lettre adressé à Khaldi, le MJS, à «user de son autorité conformément à ses prérogatives, afin de surseoir à la modification des statuts de la Fédération algérienne de football et de veiller à ce que ces modifications ne soient pas un motif d’élimination de candidatures potentielles dans un souci d’équité et de justice». Dans son idéal, Zetchi aimerait être là pour savourer une éventuelle qualification en Coupe du Monde 2022 au Qatar de l’Algérie. D’autant plus que les camarades de Riyad Mahrez, en leur qualité de champions d’Afrique, ont le potentiel pour accomplir cela et lui offrir un autre fait d’armes.
Voir une autre personne récolter son travail n’est jamais évident. Surtout que Belmadi a assuré, pour ceux qui le connaissent, avoir trouvé en Zetchi un président coopératif qui lui a donné carte blanche pour gérer «El-Khadra». Cependant, le boss de la FAF avait, lui aussi, trouvé de la matière pour reconstruire l’équipe nationale. D’ailleurs, Ismaël Bannacer, acteur majeur de la consécration lors du tournoi continental dans lequel il a été élu MVP, a été chipé au Maroc par… Raouraoua. On peut, par conséquent, déduire que personne ne possède l’EN. Reste à savoir ce qui se passera si l’on change le fusible Zetchi.