Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), la Ligue de football professionnel (LFP) et quelques présidents de clubs sont aux trousses de Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF). En effet, la consultation que l’instance fédérale a lancée pour décider de la suite à donner à la saison 2019-2020 plombée par le Coronavirus ne semble pas avoir l’effet « fédérateur » et collégial escompté. Elle pourrait même fragiliser, encore plus, le boss de la FAF. Analyse.

A la base, Zetchi cherchait à satisfaire la majorité. Mais sa démarche de soumettre le sort de l’exercice 2019-2020 à un vote des membres de l’Assemblée générale n’a pas l’air de faire l’unanimité. En tout cas, pas auprès de certaines parties à influence puisqu’il s’agit d’une tutelle, du boss de la LFP et des chairmen (Zerouati de la JS Saoura et Mellal de la JS Kabylie) de clubs du premier palier footballistique du pays.
Pour les différentes parties, la proposition de Zetchi, faite par le Bureau Fédéral réuni le 15 du mois en cours aurait des motivations politiques et elle n’est pas en adéquation avec les statuts de la structure principale du football en Algérie. Comme s’il était un hors-la-loi, le successeur de Mohamed Raouraoua voit sa tête mise à prix.

Les coups fusent de partout
Entre vendredi et samedi, il a été visé par trois attaques. La première provenait d’Abdelkrim Medouar qui assurait, vendredi lors de son passage à la Radio nationale, que « la consultation écrite n’a aucune base sur le plan réglementaire.» Aussi, le premier responsable de l’organe chargé de gérer les Ligue 1 et Ligue 2 « Pro » s’est demandé « pourquoi la FAF insiste à tenir une assemblée générale pour décider du sort du championnat sachant que le Bureau fédéral a toutes les prérogatives (article 82 des statuts, ndlr) pour prendre des décisions, mais il n’a pas assumé ses responsabilités.»
Constat similaire à celui fait par Mellal, maître du board des Canaris, qui pense que « le président de la FAF n’arrive pas à prendre une décision. Même si les statuts de la FAF permettent au BF de se prononcer dans le cas de forces majeures. Le championnat est à l’arrêt depuis 4 ou 5 mois, mais c’est toujours le statu quo. Le président de la FAF ne veut pas sauver le football algérien, il n’a qu’à démissionner, car il y a des hommes qui peuvent gérer notre football. Il est en conflit avec la LFP et le MJS et je me demande à qui profite cette situation.»

Insurrection interne
Mellal n’est pas le seul patron de club à contester le « sondage » de Zetchi. Avant lui, Mohamed Zerouati, son homologue de la JS Saoura, a écrit en bas du formulaire de consultation, qu’il n’a d’ailleurs pas rempli en guise de contestation, que « cette consultation n’est autre qu’une manipulation et du populisme servant à des fins personnelles afin de préparer le terrain pour les prochaines élections fédérales.» A chacun ses lectures mais la cible est la même : Zetchi.
Les langues, des personnages actifs, sont clairement en train de se délier à l’encontre du propriétaire de Paradou AC. Surtout après que le MJS a clairement refusé la tenue de l’AG Extraordinaire que le BF avait sollicitée. Aussi, dans les scénarios prévus dans les propositions soumises aux 120 votants sur le sort à réserver à la séquences footballistique 2019-2020, il y a le passage à une Ligue 1 de 20 clubs et Ligue 2 à deux groupes de 18.
Cela veut dire que le mode de compétition changera pour l’opus à venir. A ce sujet, il faut rappeler que Sid-Ali Khaldi, boss du MJS, n’a pas voulu accorder de dérogation à la structure fédérale pour activer le lifting. Du côté de la bâtisse sise à la Place 1er mai (Alger) on a indiqué que conformément à la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives et applique le décret exécutif 14-330, a rappelé qu’il était « formellement interdit de procéder à la moindre modification dans leurs règlements intérieurs et des compétitions à l’approche des assemblées générales électives.» On peut clairement dire que Zetchi est en position de faiblesse avant que le BF ne rende le verdict final mercredi prochain. n