Pour un coup de tonnerre, c’en est vraiment un. Jeudi dernier, Charaf-Eddine Amara tenait une conférence de presse pour annoncer son départ ainsi que celui de son bureau de la Fédération algérienne de football (FAF). Toutefois, dimanche, le président de la FAF a décidé de revenir sur sa décision. Et il avait des raisons liées à un sentiment de trahison. Le premier responsable de la balle ronde Dz veut traîner tout le monde dans sa chute.

Par Mohamed Touileb
Dans sa démarche, Amara croyait naïvement que son équipe fédérale allait le suivre et partir pour laisser place à un autre bureau élu afin de chapeauter l’instance fédérale. Mais ce n’est absolument pas ce qui s’est produit. Certains de ses (supposés) collaborateurs, avec lesquels il ne s’est jamais vraiment entendu, ont vu en cela une occasion pour se placer et s’approprier les commandes de la FAF. Et ce au moment où une Assemblée générale élective extraordinaire (AGEx) devait se tenir dans un délai de 60 jours à partir de la constatation de la vacance du poste de président. En tout cas, c’est ce que stipule la réglementation.

Ne pas payer les pots cassés tout seul
Mais voilà que dimanche, au moment où il s’était rendu à Dely Brahim, Amara a ressenti la désinvolture de son BF par rapport à son départ annoncé. Par ailleurs, il faut voir que le successeur de Kheireddine Zetchi s’est trompé dans la procédure de démission car cette dernière ne devait pas être présentée à son BF mais à l’Assemblée Générale.
En effet, c’est une liste qui a été élue en Avril 2021 pour gérer les affaires de la structure footballistique. Ainsi, si l’on se base sur la réglementation, le départ du président implique aussi la dissolution de son équipe fédérale. C’est ce que devrait faire l’Assemblée à la prochaine AGEx. Les Aïssaoui, Bahloul, Gassmi seront neutralisés et personne ne pourra se placer en successeur laissant Amara payer les pots cassés seul. C’est cela qui le dérange dans cette histoire.

Il veut barrer la route aux «opportunistes»
Les intentions de profiter des malheurs actuels de la balle ronde algérienne en général et d’Amara en particulier sont manifestes. Surtout quand on sait que le menu de la session statutaire à venir a été changé. En effet, à l’ordre du jour de la prochaine session statutaire du bureau fédéral, il y a eu quelques modifications pour neutraliser les intentions des collaborateurs opportunistes qui avaient un œil sur la commission d’arbitrage et de la direction technique nationale (DTN). Amara veut barrer la route aux «traîtres» afin qu’ils ne puissent pas se replacer dans l’avenir.
Le conflit est là. Clairement, toutes les tensions qui ont existé entre Amara et son équipe ressurgissent. Cela ne favorise pas une transition en douceur pour la venue d’un nouveau président. Le Ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) pourrait intervenir pour mettre fin à la mascarade. L’élimination de l’EN dans le dernier tour des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022 a provoqué un sacré désordre.