Comme nous vous l’annoncions dans nos précédentes éditions, le président de la Fédération algérienne de Football, Mohamed Raouraoua aurait décidé de ne pas se représenter pour les prochaines élections de l’instance fédérale, prévues au mois de mars prochain.

La décision a été prise lors de la dernière réunion du bureau fédéral du mandat 2013/2017, tenue hier au Centre technique national de la FAF à Sidi Moussa. En effet, à la surprise générale dans la salle qui a abrité la réunion d’hier, Mohamed Raouraoua aurait indiqué à ses proches collaborateurs qu’il ne veut plus présenter un dossier de candidature pour le prochain mandat 2017/2021, soulignant son état de santé, devenu fragile, surtout après le malaise dont il a été victime en janvier dernier au Gabon et où il a été transféré en France pour des soins. C’est la fin d’un règne qui aura duré 16 ans pour l’homme fort de la bâtisse de Dély Ibrahim. La décision du vice-président de l’Union arabe de football intervient dans un contexte difficile, mais surtout particulier après l’élimination prématurée des Verts au premier tour de la Coupe d’Afrique des Nations 2017. Une « débâcle » qui a poussé les observateurs à demander le départ de Raouraoua de la tête de la FAF pour un nouveau départ au système footballistique national.

 

Hésitation jusqu’au bout
Malgré la fuite de l’information du départ de Mohamed Raouraoua de la FAF, en marge de la réunion du bureau fédéral, le premier responsable de l’instance fédérale n’a pas annoncé officiellement son intention de se retirer et veut attendre le moment opportun pour l’officialiser. Selon une source généralement bien informée, l’annonce n’est qu’une question de temps et le président de la FAF veut encore gagner du temps pour faire basculer la tendance même si dans sa tête il est partant.
Hier, à la réunion du BF, Raouraoua n’est pas allé par quatre chemins pour annoncer la nouvelle aux membres de l’instance du football national. Dès le début de la rencontre qui a commencé à 10h00, il a annoncé vouloir se consacrer encore plus à ses missions au sein des structures internationales et continentales, préférant laisser la place à quelqu’un d’autre à la tête de la FAF. Une indication pour dire qu’il ne sera plus le responsable du foot DZ pour les quatre prochaines années.

Il ne démissionne pas, mais ne rempilera pas également
Connu pour sa résistance, Mohamed Raouraoua a fini par claquer la porte et cédé à la pression de la rue, mais également des hautes instances de l’Etat en annonçant ne plus se représenter lors des prochaines élections de la FAF. Le président de la fédération qui a connu le bon et le moins bon au sein du football algérien n’a pas su tenir cette fois-ci, préférant sortir même si certains demandaient sa démission juste après l’élimination des Verts à la grande messe africaine. Il faut dire qu’après la désillusion de la CAN, les officiels n’ont pas épargné le président de la FAF par leurs critiques et à leur tête le ministre de la Jeunesse et des Sports, Hadi Ould Ali. D’ailleurs, ce dernier avait au lendemain du dernier match des coéquipiers d’Islam Slimani face au Sénégal (2-2) appelé à faire une «évaluation apaisée», soutenant que «tout le monde doit endosser la responsabilité de cet échec» et que la FAF «doit donner des explications au peuple».
Le MJS avait une deuxième fois pointé du doigt le président de la fédération demandant son départ tout en présentant ses « excuses au peuple algérien ». « Comme tout responsable, le président de la FAF doit présenter le bilan de la participation de l’équipe nationale à la Coupe d’Afrique des nations. Moi aussi je dois présenter un rapport au gouvernement. Le président de la FAF comme les joueurs doivent présenter leurs excuses au peuple algérien suite à l’élimination de l’équipe nationale au premier tour de la CAN », a indiqué le ministre qui a ouvert la porte à un départ « prochain » de Raouraoua. Le ministre a également critiqué les dernières déclarations du président de la FAF qui avait affirmé que son instance n’avait reçu aucune aide de l’Etat depuis plusieurs mois. « Je précise que l’Etat a soutenu et continuera à soutenir le sport et le football. La preuve est le centre technique de Sidi Moussa qui a été construit par le MJS avant qu’il ne soit cédé à la FAF», a conclu Ould Ali.

 

Assemblée générale élective le 20 mars prochain
Alors que l’Assemblée générale ordinaire de la Fédération algérienne de football est programmée pour le 27 février prochain, le bureau fédéral a décidé hier de fixer la date des élections de l’instance fédérale au 20 mars prochain. En effet, dans une des décisions du BF, il a été décidé d’organiser l’AGE moins d’un mois après la tenue de l’AGO, prévue le 27 février prochain à Sidi Moussa, même si les statuts de la FAF prévoient que les élections de l’instance fédérale, soient organisées 60 jours après la tenue de l’assemblée ordinaire, soit une violation des règlements alors que le ministère de la Jeunesse et des Sports avait préconisé dans une circulaire l’organisation des élections pour toutes les fédérations avant le 15 mars prochain. Selon une source sûre, la date limite du dépôt des candidatures est fixée au 11 mars prochain, alors que les recours pourront être étudiés le lendemain juste avant l’annonce officielle des candidats retenus pour l’élection. Il y a lieu de rappeler que les critères obligatoires pour se présenter à la présidence de la FAF sont la nationalité algérienne, l’âge, fixé à 30 ans, la jouissance de ses droits civils et civiques, le niveau de formation justifié, soit par des titres universitaires, soit par l’exercice d’une fonction de responsabilité supérieure au sein du secteur public ou privé, l’expérience dans des institutions ou associations sportives de football pendant au moins cinq années consécutives, mais également et surtout faire partie de l’Assemblée générale de la FAF.