C’est peut-être un mal pour un bien. Les tribunes vides, ça plombe le spectacle dans le foot. Mais, en Algérie, cela peut épargner les traditionnelles scènes de violence quand on retrace ce qui se passe dans les travées si le rendement sur le terrain ne convient pas aux inconditionnels de l’équipe receveuse. A partir de là, le huis clos instauré en raison de la pandémie du Coronavirus ne dérange pas pour autant Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), qui a laissé entendre que la tendance est pour la poursuite de la saison sans les supporters.

Dans ses propos, on a senti comme si la COVID-19 avait enlevé un sacré poids de ses épaules. « Après le déroulement de six journées de championnat, j’estime que le bilan est jusque-là positif. Le niveau physique et technique des équipes est bon. J’appelle les clubs à continuer à respecter strictement le protocole sanitaire », a estimé Zetchi. Tout ce qui lui importe c’est que la Ligue 1 a pu reprendre le 20 novembre dernier après un arrêt de 8 mois.

« Les conditions ne sont pas réunies »
C’était une nouvelle rassurante pour les différents sociétaires de l’élite. Cependant, la crise sanitaire a provoqué des complications sérieuses sur le plan économique. Le fait de devoir jouer sans le public n’est pas fait pour atténuer les problèmes de trésoreries avec un manque à gagner conséquent représentant les recettes de billetterie. Cette situation ne devrait pas s’arranger de sitôt si l’on se réfère à la récente sortie médiatique du patron de la FAF qui a indiqué que « le retour des supporters dans les stades durant la saison 2020-2021 est à écarter, dans l’objectif de préserver la santé publique. Les conditions ne sont pas réunies pour permettre au public de revenir.» La déclaration faite à la Télévision nationale signifie qu’il est fort possible que les 31 journées restantes se jouent dans des enceintes vides.
Le passage de 16 à 20 clubs et de 30 à 38 rounds dans la division suprême était censé permettre aux différents teams d’avoir des entrées d’argent plus conséquentes avec les recettes obtenues via la vente des places. Mais il s’avère que cet avantage s’est dilué à cause d’une pandémie qui a perduré dans le temps.

L’optimisme de Damerdji refroidi
Et pourtant, début décembre dernier, Djamel-Eddine Damerdji, président de la commission médicale de la FAF, avait envisagé un retour progressif du public même s’il avait noté que « la question n’est pas d’actualité, mais ça va venir » en faisant le lien avec la décision de rouvrir les mosquées ayant une capacité supérieure à 500 fidèles qui semblait être « une bonne nouvelle dans l’optique d’un retour progressif des supporters dans les stades.»
L’hypothèse de placer une jauge était un motif d’espoir. « Autoriser par exemple 500 personnes à assister à un match dans un grand stade comme celui du 5-juillet, ne représente aucun risque. Personnellement, je suis pour le retour du public dans les stades, à condition de respecter avec rigueur la distanciation sociale et les mesures préventives (…) la propagation du virus se fait plutôt au niveau des marchés, dans les grandes surfaces. Le football est un milieu sécurisé, avec une limitation à 35 du nombre des personnes autorisées pour chaque club à l’intérieur du stade, avec port de bavette obligatoire », avait conçu Damerdji.

Tranquillité avant les élections
Finalement, Zetchi ne donne pas l’impression de percevoir les choses de la même façon. Surtout qu’il y a la pression de boucler un exercice qui sera long avec un rythme de marathon pour certains clubs. Notamment ceux qui sont engagés dans les challenges du continent à savoir la Coupe de la Confédération CAF et la Ligue des Champions.
Cette pandémie qui ronge le monde serait une aubaine pour purger les enceintes algériennes de la violence qui reste un phénomène récurrent. Et ce, même si les rencontres ressemblent plus à des purges sans les chants, les tifos et ces gens qui garnissent les tribunes. Somme toute, Zetchi veut bien de la tranquillité. Et il faut que les choses se déroulent bien d’ici le mois de mars pour permettre sa réélection à la tête de la structure footballistique.