C’est l’implosion à la Fédération algérienne de football (FAF). Charaf-Eddine Amara, qui a annoncé qu’il va céder la présidence, ne veut pas partir en laissant les commandes à ceux qu’il a qualifiés d’opportunistes. Étaient directement concernés Amar Bahloul et Mouldi Aïssaoui. Ces deux derniers voulaient déjà se replacer dans l’organigramme de la FAF avant même qu’Amara ne quitte les lieux de Dely Brahim. Mal leur en a pris.

Par Mohamed Touileb
La suspension est ciblée. On peut même penser que tout cela n’est pas anodin. Charaf-Eddine Amara semble avoir une mission qui consiste à nettoyer le jardin des mauvaises herbes. Et il le fait avant de s’en aller. En tout cas, le Bureau Fédéral, programmé le 17 avril prochain, se tiendra sans Amar Bahloul et Mouldi Aïssaoui.

L’article 39.2 activé
En effet, le duo a été suspendu provisoirement par le patron de la FAF. « Le Président de la Fédération Algérienne de Football (FAF), Monsieur CHARAF-EDDINE Amara, en vertu des prérogatives qui lui sont conférées, notamment l’article 39.2 des statuts de la Fédération, a signé, aujourd’hui 10 avril 2022, des décisions portant suspension provisoire de deux membres du Bureau fédéral, en l’occurrence messieurs Mouldi Aïssaoui et Amar Bahloul », indiquait un communiqué de l’instance fédérale publié dimanche soir. Pour ce qui est du motif de cette démarche, l’instance note que « la suspension provisoire des deux membres, au titre des mesures strictement conservatoires, concerne toutes leurs fonctions au sein du BF de la FAF et a pour suite directe et naturelle, dès sa prise d’effet, d’interdire l’exercice de toute activité liée directement ou indirectement à la fonction de membre du BF ». En d’autres termes, Bahloul et Aïssaoui sont neutralisés par Amara. Et ils sont interdits de « toute déclaration sur quelconque question concernant le fonctionnement et les décisions, passées ou à venir, de la FAF ». Le tandem est coupable d’« atteintes répétées à l’obligation de réserve imposée par les statuts de la Fédération et pesant sur chacun des membres du BF ».

L’antécédent d’octobre
Par ailleurs, dans les statuts de la structure footballistique, l’article 35.7 mentionne qu’« à l’exception du Président ou du Porte-Parole de la FAF, les membres du Bureau fédéral sont tenus à l’obligation de réserve en dehors du cadre intérieur de la Fédération. Tout manquement à cette obligation sera considéré comme faute grave et traité comme tel ». Ceux qui connaissent l’ambiance qui règne à Dely Brahim depuis des mois savent que la relation entre Amara et certains collaborateurs a souvent été tendue. Ils ont même essayé de le « putscher » plusieurs depuis qu’il a été intronisé à la tête de la FAF. Pour rappel, en octobre dernier, il y a déjà eu une insurrection en interne pour essayer d’invalider le BF de septembre. Bahloul et Aïssaoui faisaient partie des instigateurs. Le successeur de Kheireddine Zetchi passe désormais au désarmement de la rébellion. Pour cela, il fallait mettre certains hors d’état de nuire avant de laisser les rênes.