Pourquoi le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, a-t-il attendu dimanche dernier pour réagir aux critiques dont fait l’objet le sélectionneur en chef de l’Equipe nationale algérienne de football, Rabah Madjer, suite  ses différents choix ?

Certains observateurs ont remarqué que le patron de la FAF a attendu la compagnie du ministre de la Jeunesse et des Sports, M. El Hadi Ould Ali, pour se prononcer enfin sur sa position vis-à-vis des réactions des « supporters des Verts » demandant le limogeage du sélectionneur en chef Rabah Madjer.
En effet, il a saisi l’occasion de la cérémonie organisée, dimanche dernier, à Médéa par le MJS pour la remise des clés de sièges des ligues de wilayas pour enfin déclarer que « Madjer jouit de toute notre confiance ».
Cette réaction du boss de l’instance fédérale, devant celui du MJS, est diversement « interprétée » : certains estiment que Zetchi veut bien plaire au ministre qui le soutient d’ailleurs depuis qu’il s’est engagé contre l’ex-président de la structure footballistique, Mohamed Raouraoua. Une manière comme une autre de rendre la pareille en soutenant le Madjer national très critiqué notamment par les médias.
Or, il se trouve que le sélectionneur des Verts est critiqué par la presse avant d’être sélectionneur des Verts alors qu’il était conseiller du président de la FAF. Mais alors pourquoi Zetchi ne s’est manifesté pour soutenir le sélectionneur en chef des Verts qu’en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports alors qu’il y a bien d’autres canaux et surtout beaucoup d’opportunités pour le faire bien avant ?
Madjer en mode Calimero

Madjer, lui, se demande bien pourquoi « tout le monde est contre moi ? ». Mais la réponse est justement dans la question. Car ce « tout le monde » ne peut pas se tromper à l’unanimité.
Madjer aurait dû se remettre en question ou remettre en considération tous ses choix et, des joueurs, et du système de jeu des Verts ainsi que les remplacements des joueurs au cours des matchs. Les critiques qu’il subit de la part des journalistes versent tous dans ces optiques. Or, il se trouve que tous les entraîneurs sont sujets aux mêmes critiques que lui alors pourquoi se sent-il «uniquement» visé où se sent-il une campagne orchestrée contre lui ?
De plus, est-ce que refuser d’animer une ou des conférences de presse réglerait-il son problème ? Il est clair que la réponse est bel et bien négative surtout qu’elle concerne tous les journalistes sans exception.
Le président de la FAF défend le sélectionneur en chef des Verts en indiquant que « le sélectionneur national n’a pas tenu le point de presse car il a senti qu’il a été touché dans sa personnalité… ».
Un soutien contradictoire
Or, critiquer les choix d’un sélectionneur national ne devrait pas rentrer dans ce contexte «spécifique» d’amour-propre. Faut-il rappeler ce «Taisez-vous !» à un confrère qui ne faisait que poser des questions sur les choix du sélectionneur et non sur des affaires personnelles.
L’Equipe nationale appartient à tout le monde et il se trouve que Rabah Madjer n’est que le responsable de la barre technique de cette sélection. Et en tant que tel il doit « expliquer » tous ses choix. Ce qui n’a absolument rien à voir avec l’amour-propre de Rabah Madjer le citoyen algérien.
Et si, critiquer les choix d’un sélectionneur national est considéré comme des « critiques subjectives », comme l’a si bien précisé la président de la Faf, à ses yeux donc les « critiques objectives» seraient d’acquiescer les «contradictions » du sélectionneur en chef. Comme cette déclaration du sélectionneur en chef Madjer  que même un coach novice ne ferait pas en justifiant le remplacement de Henni lors du match contre l’Iran, comme un «sauvetage» de la sélection nationale ! Or, qui a presque fait couler cette sélection ? N’étaient-ce pas ces choix du «onze» rentant que Madjer lui-même a faits avant de se rendre compte qu’il s’était trompé ? Mais, lui, ne reconnaît pas ses erreurs, il les transforme en bouée  de sauvetage…