Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a indiqué, hier, dans un message lu au Centre universitaire de Tipasa par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, que « l’Ecole et l’Université ne sont pas un terrain de conflits ni un espace d’intérêts, d’idéologies ou de compétition politique ».

A l’occasion de la Journée de l’étudiant, le chef de l’Etat a rappelé que le sursaut des étudiants algériens, le 19 mai 1956, avait été un « tournant décisif » dans le processus de la Révolution du 1er Novembre 1954. Cette date est une occasion pour la Nation, a estimé le Président, de «témoigner toute sa reconnaissance et sa gratitude à ces étudiants et lycéens qui, mus par un nationalisme plus fort que leur soif de savoir, ont fait prévaloir la dignité et la liberté de l’Algérie, en décidant le 19 mai 1956 de quitter les bancs de l’université et du lycée pour rejoindre, en moudjahidine, les rangs de la Révolution, à travers les quatre coins du pays, pour la libération de la patrie de l’oppression coloniale ». Ces étudiants « ont abandonné les classes et les plumes pour les maquis et les armes en réponse à l’appel du devoir national, résolus et déterminés, à mettre fin à l’ère de l’oppression, de l’injustice, des tortures et de l’exploitation auxquels a été soumis leur peuple », a rappelé le chef de l’Etat. Ajoutant que « leur sursaut a été un tournant décisif dans le processus de la Révolution grâce à leur apport en connaissances et compétences scientifiques, leur lutte et leur bravoure au champ d’honneur et leurs performances aux plans diplomatique, politique, médiatique et culturel». Un soulèvement qui est « l’illustration éloquente du degré de leur nationalisme, maturité politique et profonde conviction des valeurs d’honneur et de grandeur», a affirmé le président Bouteflika. «Ils ont rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale et intégré la lutte armée dans les villes et les campagnes, sacrifiant leurs études, leurs ambitions et aspirations personnelles car profondément convaincus qu’une vie de dignité et de fierté était incompatible avec la soumission et l’asservissement ». Pour le président de la République, « les étudiants d’aujourd’hui savent, tout autant que ceux d’hier, comment puiser de ces valeurs, auxquelles leurs prédécesseurs ont cru, pour concrétiser les espoirs fondés sur eux et bâtir un présent et un avenir de prospérité et de stabilité ».
La préservation de l’Algérie, un devoir Abdelaziz Bouteflika ajoutera que les étudiants « savent que la préservation de l’Algérie est un devoir pour tout un chacun et que la seule voie d’y parvenir est l’acquisition du savoir et l’abnégation et le dévouement dans sa matérialisation sur le terrain pour lui permettre de bénéficier, elle aussi, des sciences et des connaissances modernes et d’occuper la place qui lui sied dans le concert des Nations ».   « C’est ainsi que sera concrétisé le rêve des chouhada et l’esprit de la Déclaration du 1er Novembre 1954 ». Le Président dira que tout un chacun doit respecter le campus universitaire d’autant qu’il s’agit de l’avenir de nos générations futures. Soulignant également les étapes parcourues par l’Algérie dans le domaine du savoir, le chef de l’Etat a soutenu que « l’Algérie se doit de méditer son parcours dans le domaine de la diffusion des sciences et du savoir depuis le recouvrement de la souveraineté nationale ». « Avec à peine 500 étudiants en 1962, notre pays compte, aujourd’hui, près de deux millions d’étudiants et d’étudiantes à travers des universités, des centres universitaires et des écoles supérieures dans toutes les wilayas », a rappelé le président Bouteflika. Ajoutant que «l’Algérie recense, à présent, quelque 100 000 enseignants et assistants encadrant nos structures universitaires dans toutes leurs configurations » alors que « le nombre des enseignants universitaires ne dépassait pas les dix au lendemain de l’Indépendance ». Le chef de l’Etat a tenu ainsi à « saluer les générations de diplômés de l’université algérienne, tout au long des décennies, pour leur contribution qualitative à l’édification de l’économie nationale et à l’encadrement de l’Etat algérien contemporain et leur apport dans la construction d’une Armée nationale populaire, moderne et fidèle à l’esprit de Novembre.