Le président argentin Alberto Fernandez s’est fait administrer jeudi une première dose de Spoutnik V, le vaccin russe contre le Covid-19 développé par le laboratoire Gamaleya, a annoncé la présidence dans un communiqué. « J’ai reçu le vaccin Spoutnik V. Je remercie l’institut Gamaleya pour son travail scientifique, ceux qui ont fait en sorte qu’il arrive jusqu’à nous et tout le personnel de santé de notre pays pour son immense engagement », a également déclaré Alberto Fernandez sur Twitter. Le chef de l’Etat, 61 ans, a été vacciné dans la matinée à l’hôpital Posadas de Buenos Aires. Il est l’un des premiers présidents à se faire administrer le Spoutnik V. Alberto Fernandez a incité les Argentins à l’imiter. « Cela permet de s’immuniser contre le coronavirus. Faisons-le », a-t-il insisté. Mercredi, l’Agence nationale du médicament avait autorisé l’utilisation du vaccin pour les plus de 60 ans. Le Spoutnik V avait été homologué dans le pays le 23 décembre, une première en Amérique latine, et la campagne de vaccination avait commencé cinq jours plus tard pour le personnel de santé volontaire âgé de 18 à 60 ans. L’injection de la deuxième dose pour ce personnel a débuté mardi. L’Argentine a également conclu un accord pour l’achat du vaccin anglo-suédois Oxford/AstraZeneca et participe au dispositif Covax de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Des négociations sont toujours en cours pour l’achat du vaccin germano-américain Pfizer-BioNTech. Le pays sud-américain de 44 millions d’habitants a enregistré plus de 1,8 million de cas de Covid-19, dont 46.000 mortels. Baptisé « Spoutnik V » en hommage au premier satellite lancé par l’URSS en 1957, le vaccin russe contre le coronavirus avait été accueilli avec scepticisme à l’international face à une annonce jugée prématurée, dès août, avant même le début des essais cliniques de masse (phase 3) et la publication de résultats scientifiques. Selon le fonds souverain russe, qui a participé au développement du produit, le Spoutnik V a été autorisé au Belarus, en Serbie, en Argentine, en Bolivie, en Algérie, dans les territoires palestiniens, au Venezuela, au Paraguay et au Turkménistan. Il a depuis été administré à plus de 1,5 million de personnes, selon la Russie.