Après avoir signé, ce week-end, la loi de finances 2021 et le décret portant révision de la Constitution, publié désormais dans le Journal Officiel, le président Tebboune est dans le vif de la gestion des affaires du pays qui semble avoir accusé le pas durant son absence dans un contexte de pandémie sanitaire et ses lourdes conséquences socio-économiques.
Ce qui se vérifie selon toute vraisemblance par «l’entassement» de dossiers qui sont pourtant prioritaires, voire urgents, appelant de ce fait à des décisions adéquates, en ce sens qu’il s’agit essentiellement de la santé publique et de la gestion des affaires de l’Etat.
L’un des dossiers sur lequel le premier magistrat est attendu pour remettre de l’ordre est celui de la gestion de la crise sanitaire, particulièrement à propos du calendrier de la vaccination, qui n’est pas accompagné hélas de la communication qu’exige l’opération, alors que nous entamons l’échéance annoncée «de début de l’année 2021». Mercredi 30 décembre, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication, Ammar Belhimer, a indiqué, à l’issue d’une réunion gouvernementale consacrée aux modalités d’acquisition du vaccin, que le gouvernement a signé un «contrat de gré à gré simple pour l’acquisition du vaccin contre la Covid-19 avec un laboratoire russe». L’annonce a laissé cependant sur leur faim des Algériens qui guettent davantage d’informations à ce propos. Le président Tebboune est attendu également sur l’avenir du gouvernement Djerad dont certains membres ont plus que déçu, comme le témoigne leur bilan négatif après une année d’exercice. Certains départements se sont avérés sans aucune utilité sur la vie publique, alors que d’autres ont confirmé leur vocation de secteurs budgétivores.
A titre d’exemple, la place du département dit de la Solidarité qui vient de bénéficier d’un budget de fonctionnement estimé à 132 651 092 000 DA dans la Loi de finances 2021 est à revoir en profondeur. Faute de quoi, les autorités politiques ne sortiront pas indemnes du pari de répondre aux préoccupations rudimentaires désignées depuis quelques mois par le vocable de «zones d’ombre», alors qu’il y a urgence à travailler et à identifier les points d’ombre dans la gestion des affaires de la cité dans les coins de l’Algérie profonde où les populations sont victimes de «la non-gestion».
C’est sans doute à l’aune de certains choix de managements et d’autres relevant du casting des hommes, appelés à diriger des secteurs importants, où il y a eu faillite, que l’on pourra se faire une opinion plus précise quant à la conduite qui marquera les réformes économiques promises et la mise en marche des réformes constitutionnelles sur lesquelles le chef de l’Etat a bâti son projet de renouveau. Sur ce registre, il est attendu que la promulgation du décret relatif à la nouvelle Constitution ouvre la voie à d’autres chantiers. Le prochain sera vraisemblablement le nouveau code relatif au régime électoral, un nouveau texte qui va encadrer les futures échéances électorales sur lesquelles mise également le président Tebboune pour un renouvellement des assemblées élues. Le Président a indiqué, le 13 décembre dernier, avoir enjoint les services de la Présidence à l’effet de prendre attache avec la commission Laraba pour accélérer la cadence dans l’élaboration du texte attendu. «Concernant le processus que nous avions tracé ensemble durant la campagne électorale, et dont nous fêtons une année depuis mon élection et pour laquelle je vous réitère mes remerciements, j’ai demandé à la présidence de prendre attache avec la commission chargée de la rédaction du nouveau code électoral d’accélérer dans sa mission pour que ce texte soit prêt dans 10 à 15 jours au plus tard», a-t-il dit à partir du lieu de sa convalescence en Allemagne.
Le délai semble ainsi consommé et la commission Laraba ne tardera certainement pas à rendre sa copie, ce qui ouvrira la voie, une fois le texte approuvé, aux élections législatives et locales anticipées. <